La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Classique / Opéra - Entretien JULIE FUCHS

JULIE FUCHS : SOPRANO DEBRIDEE

JULIE FUCHS : SOPRANO DEBRIDEE - Critique sortie Classique / Opéra Paris Athénée-Théâtre Louis-Jouvet
JULIE FUCHS

NOUVELLE VOIX / ATHENEE THEATRE LOUIS-JOUVET / BASILIQUE SAINT-DENIS

Publié le 24 avril 2013 - N° 209

Cette jeune soprano avignonnaise au tempérament de feu, passée par le CNSM de Paris, s’affirme de plus en plus clairement comme la grande voix française féminine à suivre. Vocaliste magnifique adepte de tous les répertoires, Julie Fuchs finit de convaincre par un magnifique tempérament scénique. Révélation lyrique 2012 des Victoires de la Musique Classique, elle vient de signer pour ses débuts discographiques un superbe enregistrement de mélodies de jeunesse de Debussy et Mahler chez Aparté avant d’aborder pour la première fois ce mois-ci à l’Athénée le fascinant personnage de Zerbinette (Ariane à Naxos de Richard Strauss) et de chanter Beethoven à Saint-Denis sous la direction de Jérémie Rhorer.

Vous êtes résolument une femme de scène. Comment est né et s’est développé chez vous ce goût pour le jeu, l’échange avec le public, les partenaires, etc ?

Julie Fuchs : Enfant, j’adorais me déguiser, au point que ma mère avait réservé une place dans le garage pour conserver tout ce qui pouvait faire office de costumes ! Avec mes frères et soeurs, on était capable de jouer pendant des heures. Quand ils sont devenus plus grands, j’ai continué mais… seule ! Cela me demandait bien plus d’imagination mais je vous assure que les personnages que je créais valaient le coup ! En parallèle à mes études de violon, où j’ai été confrontée tôt et régulièrement à un public, j’ai fait des études de théâtre à Avignon, là où j’ai grandi. Je détestais me placer devant des gens pour jouer du violon. Mais pour jouer la comédie, ça allait déjà mieux. En revanche, dès que j’ai commencé le chant, j’ai su très vite que c’est de cette façon que je serai la plus heureuse sur une scène. Je ne suis pas sûre d’être aussi bien ailleurs que sur une scène. On a une telle sensation de liberté…

Swinguer du Mozart, utiliser un vrai legato dans du Musical, improviser dans du baroque, groover du Puccini : tout ça, c’est faire de la musique !

Vous chanterez prochainement Zerbinette à l’Athénée pour la première fois. Que représente ce rôle dans votre parcours? 

Julie Fuchs : C’est un grand challenge. C’est un rôle réputé difficile vocalement, musicalement et scéniquement. Nous avons en plus peu de temps de répétitions tous ensemble. Mais je suis ravie de l’aborder maintenant. D’abord, il me fait faire beaucoup de progrès en allemand, langue dont j’aurai bien besoin à Zurich l’an prochain (ndlr : Julie Fuchs fait partie de la troupe de l’Opéra de Zurich). Le personnage, tout comme l’oeuvre dans son entier, est particulièrement intéressant par sa mise en abyme. On ne peut jamais vraiment savoir si c’est Zerbinetta, le rôle que joue Zerbinetta ou l’actrice qui joue Zerbinetta qui parle. C’est passionnant.   Et surtout je suis très heureuse de retrouver Alphonse Cemin, le pianiste avec qui nous avons enregistré Mahler et Debussy cette année ainsi que Le Balcon qui est un ensemble que j’adore tant humainement qu’artistiquement. Nous avons en commun la tendance à ne pas aimer les cases et cette production risque d’être un nouveau bon exemple d’œuvre inclassable !

Justement, votre répertoire est très large, de l’opérette  à Richard Strauss, du jazz à Mozart, de Britten à My Fair Lady… On vous sent très libre dans votre approche de la musique…

Julie Fuchs : J’aime plein de choses différentes et j’ai la chance d’avoir rencontré des personnes qui m’ont fait confiance dans ces différents domaines. J’avoue que maintenant que j’ai goûté à tant de diversité, j’espère que ce n’est qu’un début, car non seulement je pense que le public lui aussi aime expérimenter la diversité mais je me rends compte que chaque expérience nourrit les autres. Swinguer du Mozart, utiliser un vrai legato dans du Musical, improviser dans du baroque, groover du Puccini : tout ça, c’est faire de la musique !

 

Propos recueillis par Jean Lukas.

Ariadne auf Naxos de Richard Strauss, version de concert conçue par Benjamin Lazar, Alphonse Cemin et Maxime Pascal (direction musicale), ensemble Le Balcon.

A propos de l'événement

JULIE FUCHS
du Mardi 14 mai 2013 au Mardi 11 juin 2013
Athénée-Théâtre Louis-Jouvet
7 rue Boudreau 75009 Paris
Du 14 au 19 mai 2013 (le 14 mai à 19h, les 16 et 18 à 20h, le 19 à 16h). Tél. 01 53 05 19 19 Places : 14 à 32 €.   Beethoven (Le Christ au Mont des Oliviers, oratorio) - avec Julie Fuchs (soprano), Pavol Breslik (ténor), Konstantin Wolff (basse) et le chœur Vokalakademie Berlin – et Mozart (Symphonie n°41 "Jupiter"), Le Cercle de l’Harmonie et Jérémie Rhorer (direction). Basilique de Saint-Denis. 1, rue de la Légion d’Honneur 93200 Saint-Denis. Mardi 11 juin à 20h30. Tél. 01 48 13 06 07.
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