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Théâtre - Agenda

Roadmetal, Sweetbread

Roadmetal, Sweetbread - Critique sortie Théâtre Paris Théâtre de la Cité Internationale
Légende : Sexe, mensonge et vidéo dans Roadmetal, Sweetbread. Cr : Hydar Dewachi

Théâtre de la Cité Internationale/Station House Opera

Publié le 18 décembre 2012 - N° 205

Spectacle créé en 1998, Roadmetal, Sweetbread a connu un long succès international avant de renaître ici dans une nouvelle distribution. L’occasion de découvrir cet objet hybride de théâtre-performance-cinéma, qui interrogeait déjà avec humour  le rapport fiction-réalité que les nouvelles technologies conduisent à créer.

En 1998, quand Julian Maynard Smith et Susannah Hart créent Roadmetal, Sweetbread, on visionne encore des vidéos en insérant une cassette dans un magnétoscope. Pourtant, la vidéo investit déjà les plateaux de théâtre, et c’est en réaction à son utilisation envahissante qu’ils conçoivent cet opus. Plutôt que de jouer d’effets technologiques en grand format, ils décident donc d’installer sur scène un écran  qui paraît mimer les actions qui se déroulent sur scène. Tous les deux, en ce temps-là – Florence Peak et Florian Feigl aujourd’hui – font donc sur le plateau « les choses que se font, parfois, les couples pendant que, sur un écran, le même couple se fait les mêmes choses ou presque ».

La relation entre la vidéo et la chose qu’elle filme

Tout au long des douze ou treize séquences que déroule le spectacle, il se passe donc presque les mêmes choses sur scène qu’il se passe sur la vidéo. A quelques changements près qui bien sûr font toute la saveur et l’humour d’une pièce jouant savamment de l’art du décalage. Conçu pour interroger la relation entre la vidéo et la chose qu’elle filme, le spectacle conjugue donc le pince-sans-rire anglais, l’humour grivois  et le comique de Boulevard dans ces interstices où « entre espace scénique et images vidéo, s’engouffrent rêves, fantasmes et désirs inavoués ». A chaque fois recréée pour le lieu où elle est représentée, la performance voit les acteurs et leurs doubles s’observer, un couple faire l’amour en l’absence de l’homme, une femme frapper son compagnon avec toute la violence d’un dessin animé, une succession de situations troubler les frontières du réel créant ainsi « un perturbant double monde qui bouscule tous les repères et qui retrouve une catégorie centrale dans toutes les créations du Station House Opera: l’instabilité ».

Eric Demey

A propos de l'événement

Roadmetal, Sweetbread
du Jeudi 10 janvier 2013 au Vendredi 25 janvier 2013
Théâtre de la Cité Internationale
17 boulevard Jourdan, 75014 Paris
Du 10 au 25 janvier  à 20h. Les 17 et 24 à 19h. Relâche le mercredi et le dimanche. Tél : 01 43 13 50 50.
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