La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Avignon - Entretien / Lisa Hours

Méduse

Méduse - Critique sortie Avignon / 2018 Avignon
Le collectif des bâtards dorés CR : Xavier de Labouret

Gymnase du lycée Saint-Joseph / d’après Le Naufrage de la Méduse de Alexandre Corréard et Jean-Baptiste Savigny et un extrait de Ode maritime de Fernando Pessoa (traduction Dominique Touati) / texte et mes Les Bâtards dorés

Prix du jury et prix du public du Festival Impatience en 2017, Méduse, création collective du collectif Les Bâtards dorés, revisite à sa manière l’histoire du radeau de la Méduse.

Qu’est-ce qui réunit le collectif des Bâtards dorés ?

Lisa Hours : Nous sommes issus de différentes écoles nationales de théâtre et nous nous sommes retrouvés sur des affinités mais sans aucun principe de base. Nous sommes tous très différents, dans nos manières d’écrire, de penser, de visualiser, et notre collectif est en cours de construction. C’est en marchant qu’on avance, et aujourd’hui, disons que nous sommes l’hybridation de cinq cerveaux.

Comment avez-vous travaillé pour créer Méduse ?

L.H. : Tout se décide à l’unanimité, ce qui prend beaucoup de temps. On parle au moins autant qu’on fait. Mais c’est pour nous indispensable afin que chacun soit en totale adéquation avec chacun des moments du spectacle. Et puis, nous alternons création au plateau à partir d’improvisations et moments d’écriture plus littéraire. Ce à quoi vient s’adjoindre un créateur lumière, auquel nous donnons la mission de nous affranchir d’un sens purement textuel.

Pourquoi avoir choisi de revisiter l’histoire du radeau de la Méduse ?

L.H. : Chacun de nous connaît cette histoire, à travers notamment le tableau de Géricault, mais personne ne la connaît vraiment. Le bateau était parti pour coloniser le Sénégal et avait donc embarqué son gouverneur, ses administrateurs, mais aussi des taulards. Ce radeau qui part à la dérive permet de réaliser comment se forme une microsociété, un corps politique et organique, avec tous ces gens serrés, debout, les uns contre les autres, de l’eau jusqu’aux genoux. Et aussi que l’histoire est racontée par les vainqueurs.

« Ce radeau qui part à la dérive permet de réaliser comment se forme une microsociété, un corps politique et organique. »

Quel est l’épisode de départ ?

L.H. : Nous commençons par le procès du capitaine, qui a prétexté une mutinerie pour couper les cordes qui reliaient le radeau aux chaloupes de sauvetage. Nous nous sommes appuyés sur le texte écrit par deux survivants, dont l’un, Savigny, se donne le beau rôle. Un matelot lui apporte la contradiction. Cela donne lieu à une première approche sous forme de procès, dans un dispositif tri-frontal, une approche assez froide et distanciée, plutôt mentale. Puis nous nous immergeons davantage dans l’expérience, le sensitif, le sensoriel. Plus dans les tripes que dans la tête, avec des codes de jeu et un rapport aux spectateurs différents. Nous basculons alors vraiment dans un autre monde, qui est celui du radeau.

 

Propos recueillis par Eric Demey

A propos de l'événement

Méduse
du Vendredi 20 juillet 2018 au Lundi 23 juillet 2018

Festival d’Avignon. Gymnase du lycée St-Joseph, rue des teinturiers

à 15h. Tel : 04 90 14 14 14. Durée : 1h45.


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