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Jazz / Musiques - Entretien

Le pianiste Franck Amsallem signe « Gotham Goodbye »

Le pianiste Franck Amsallem signe « Gotham Goodbye » - Critique sortie Jazz / Musiques Paris Sunset-Sunside
© Philippe Lévy-Stab

SUNSET / PARIS / ANNECY

Publié le 24 septembre 2019 - N° 280

1982-2002 : le pianiste français a passé vingt ans de sa vie dans le bain urbain hautement musical de New York, capitale inextinguible du jazz. Vingt années gravées au fer blanc dans sa chair de musicien (des collaborations avec Gerry Mulligan, Harry Belafonte, Charles Lloyd, Gary Peacock…), dont il a voulu se souvenir dans son nouvel et magnifique opus : Gotham Goodbye enregistré en quartet avecIrving Acao (saxophone ténor), Viktor Nyberg (contrebasse) et Gautier Garrigue (batterie).

Pour quelles raisons êtes-vous parti un jour vivre à New York ?

Franck Amsallem : En 1981, admis au Berklee College of Music, je suis arrivé à Boston où j’ai passé 3 ans à étudier la musique que j’aime et à vivre le jazz au quotidien. Fin 1985, j’ai pris mes maigres affaires et suis arrivé à New York où la musique était si vivante et où, surtout, on la jouait d’une façon inégalable.  C’est la ville cosmopolite par excellence, remplie d’immigrés en tous genres et de destins divers. Les musiciens vivent la musique à New York comme l’essence de leur passage sur terre. Pourquoi en effet, endurer une ville aussi dure et impitoyable sinon pour y donner le meilleur de soi-même, day in and day out comme dit la chanson ?

« Les musiciens vivent la musique à New York comme l’essence de leur passage sur terre. »

 Et pour quelles raisons avez-vous un jour quitté New York pour revenir en France ?

Franck Amsallem : En 2001, j’ai connu les joies de la paternité et des responsabilités nouvelles m’attendaient. J’ai alors décidé de vivre à Paris avec ma famille, une ville où je n’avais jamais vécu. Cela a également coïncidé avec la tragédie du 11 septembre, quand NYC s’est refermée sur elle-même. J’ai vraiment apprécié le changement d’air, musical et social. Cela m’a également permis de me produire beaucoup plus souvent en Europe et de collaborer avec des musiciens de différentes origines, comme le cubain Irving Acao, ou Viktor Nyberg qui est suédois, qui ont apporté un nouveau souffle sur la scène parisienne.

 Comment New York a changé le musicien que vous étiez ?

Franck Amsallem : En fait c’était comme si toute ma vie j’avais attendu un moment pareil. J’ai grandi à l’ombre de la Grande Parade du Jazz de Nice où les musiciens jouaient si librement et de si belle façon à la fin des années 1970. Bill Evans, Mingus, Thad Jones et bien d’autres ont été mes maîtres et jeune adolescent leur impact s’est avéré indélébile. La marque de fabrique de cette musique, depuis 1945, c’est ce jazz sans concessions, rythmiquement si incisif, mélodiquement affiné par les grands compositeurs de Broadway et harmoniquement libre, mais toujours dans l’esprit du blues. Même si le titre de mon nouvel album est « Gotham Goodbye« , donc une façon de dire « au revoir », la musique de cette ville restera en quelque sorte pour moi toute la musique que j’aime.

Propos recueillis par Jean-Luc Caradec

A propos de l'événement

Le pianiste Franck Amsallem signe « Gotham Goodbye »
du Mardi 29 octobre 2019 au Mardi 29 octobre 2019
Sunset-Sunside
60, rue des Lombards, 75001 Paris

à 21 h.


Jazz Club d’Annecy. Hotel Novel, 69 Avenue de France 74000 Annecy. Mercredi 11 décembre à 20h30. Tél. 04 50 23 75 74.


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