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La Disgrâce de Jean-Sébastien Bach

La Disgrâce de Jean-Sébastien Bach - Critique sortie Avignon / 2009

Publié le 10 juillet 2009

Serge Barbuscia met en scène les enjeux des démêlés entre l’artiste et le prince autour de l’épisode de l’incarcération par le duc de Weimar de son conzertmeister, le grand Jean-Sébastien Bach.

Du 6 novembre au 2 décembre 1717, Jean-Sébastien Bach fut emprisonné par le puissant duc de Weimar. Celui-ci refusait de donner son congé à son organiste et maître des concerts qui voulait le quitter pour rejoindre la cour de Köthen afin d’y composer plus à son aise et selon son goût. Le bras de fer s’engagea entre le prince et le roi des orgues. Le duc ayant passé commande à Bach d’une cantate, le maître s’exécuta en composant une œuvre injouable sur les instruments de la cour de Weimar. Disgracié et exilé, il put alors rejoindre le prince Léopold d’Anhalt-Köthen, brillant musicien et homme débonnaire qui offrit à Bach les années les plus heureuses de sa vie, son amitié de prince éclairé et l’occasion de composer des œuvres profanes. La pièce de Sophie Deschamps et Jean-François Robin, adaptée du roman de Jean-François Robin, brode autour de ce fait divers des variations philosophiques et existentielles sur les thèmes de la création et des rapports entre l’artiste et le pouvoir. Dans sa prison, Bach reçoit les visites de Borman, l’intendant du prince de Weimar, qui tente de faire fléchir sa résistance et l’incite à obtempérer aux ordres du potentat. Par ailleurs, le musicien s’entretient avec son jeune geôlier, Lucas, qui fait figure de Candide dans ses discussions avec le maître. Avec la musique comme guide et inspiratrice, Serge Barbuscia met en scène l’épisode de cette incarcération et installe les conditions d’un « théâtre épuré » afin d’explorer l’univers mental de l’artiste. La liberté du génie se heurte aux exigences du monde et l’art de la composition sociale semble plus difficile à maîtriser que celui de la composition musicale… Serge Barbuscia se laisse guider par Victor Hugo pour mener à bien l’élucidation scénique de ce huis clos : « Le poète est un monde enfermé dans un homme ». Au théâtre est ici confiée la tâche d’éclairer ce mystère et ses aléas.

Catherine Robert

La Disgrâce de Jean-Sébastien Bach, de Sophie Deschamps et Jean-François Robin (texte adapté du roman de Jean-François Robin) ; mise en scène de Serge Barbuscia. Du 8 au 31 juillet à 17h30. Théâtre du Balcon, 38, rue Guillaume Puy, 84000 Avignon. Réservations au 04 90 85 00 80.

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