Clémence Coullon présente « Le Roi, la Reine et le Bouffon »
Deuxième spectacle de Clémence Coullon après [...]
Remarquable spectacle aux Bouffes Parisiens ! Josiane Balasko, Marilou Berry et Riad Gahmi s’emparent avec un talent éblouissant de l’excellent texte de Jean Robert-Charrier. A ne pas rater !
Deux actrices aimées du grand public, une mise en scène au cordeau, un texte percutant, efficace, poignant, glaçant, drôle souvent et toujours juste : le pari de porter au théâtre la question des violences conjugales et familiales, dans une forme naturaliste et une volonté patente de mettre la popularité au service d’une grande cause sociale, est remporté haut la main par Josiane Balasko, Marilou Berry, Riad Gahmi, Jean Robert-Charrier et Julie-Anne Roth. Josiane Balasko et Marilou Berry, mère et fille à la ville, y soutiennent la cause des femmes. Les voici au théâtre pour incarner, dans ce récit criant de vérité, deux victimes que leur courage transforme en résistantes. Un soir de Noël, Frédérique rend une visite imprévue à sa fille, demeurée seule au pied du sapin alors que son mari est parti se coucher un peu tôt pour un réveillon. La scène d’exposition, dans laquelle la mère devine, parce qu’elle l’a subi, ce que cache le silence de sa fille, est époustouflante. La puissance comique de Josiane Balasko est exceptionnelle, comme l’est le talent avec laquelle elle laisse affleurer l’angoisse sous l’humour. Marilou Berry est confondante d’émotion.
Ma fille, ma bataille
Progressivement, l’histoire familiale se révèle, et la reconduction des schémas de domination se dessine. Jean Robert-Charrier a composé une partition réaliste, d’évidence nourrie par une connaissance très précise des mécanismes d’emprise : isolement de la victime, rupture des liens amicaux, confiscation des moyens de paiement, dévalorisation, bouquet offert après les coups pour se faire pardonner, déclarations enflammées et relations sexuelles imposées. On tremble avec Mathilde, on enrage avec Frédérique et le théâtre remplit parfaitement son office : terreur et pitié, alerte et onguent ! Le décor d’Alban Ho Van (qu’éclairent les lumières de Jérémie Papin) illustre finement le piège qui enferme Mathilde. L’interprétation de Riad Gahmi est à saluer et le texte de Jean Robert-Charrier a l’immense mérite d’expliquer sans excuser : le bourreau est malade, le pervers est narcissiquement défait, le paranoïaque frappe parce qu’il est blessé. S’il faut sauver les femmes, il faut soigner ceux qui les cognent. La dernière scène, dans laquelle Josiane Balasko, assise en fond de scène, soutient le monologue de Marilou Berry, est bouleversante : c’est ça, l’amour ! Ce magnifique spectacle est d’utilité publique ; il mérite succès et admiration, reconnaissance et salut !
Catherine Robert
Mercredi et jeudi à 20h ; vendredi à 21h ; samedi à 16h et 21h, dimanche à 15h. Tél. : 01 42 96 92 42. Durée : 1h45.
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