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Jazz / Musiques - Gros Plan

Jean-Luc Ponty, retour en grâce

Jean-Luc Ponty, retour en grâce - Critique sortie Jazz / Musiques
PHOTO ©Imma Casanelles. « D'une manière générale, c'est plutôt ma musique qui influence mon jeu sur le violon que l'inverse » souligne Jean-Luc Ponty.

Publié le 10 avril 2012 - N° 197

Le violoniste aux 6 millions d’albums vendus sous son nom revient pour un concert exceptionnel au Théâtre du Châtelet en compagnie d’un orchestre symphonique et d’invités triés sur le volet : Stanley Clarke, Biréli Lagrène, Eddy Louiss et Daniel Humair.

Les mentalités souvent étriquées du monde du jazz français des années 60-80 ont creusé un fossé stupide et douloureux entre notre pays et l’un des musiciens français les plus estimés et connus dans le monde. Un malentendu que pourrait faire taire – enfin ! – ce concert exceptionnel au Théâtre du Châtelet. « Certains m’en ont voulu lorsque j’ai quitté la France. Mais je crois que c’était aussi musical… Mes premiers enregistrements, dans les années 60, montrent comment je jouais à l’époque. J’ai vraiment été  le premier violoniste be-bop. Mais je voulais évoluer musicalement. Aux Etats-Unis, cela bougeait énormément. C’est pour cette raison que je suis parti. Il y avait vraiment un effort incroyable entre les musiciens de jazz et de rock de ma génération pour  se mélanger et chercher d’autres formes musicales. Pour cette raison, il y a des puristes qui m’ont banni. J’ai essayé de faire un pont entre ma culture classique et européenne et le jazz et la musique américaine, le côté rythmique, l’improvisation… J’essayais de fusionner ces styles. C’était en 1968-1969.  A l’époque, en France, il y avait très peu de musiciens qui avaient la même envie. Surtout du côté du jazz… » se souvenait déjà Jean-Luc Ponty dans nos pages il y a quelques années.

Musicien évolutif

Maître du violon, le plus jeune et génial des « fils » de Grappelli est avant tout un musicien évolutif qui a toujours su se remettre en question et repousser ses propres limites, du be bop « made in France » des années 60 à Frank Zappa (les albums « King Kong » et « Hot Rats » en 1969), du jazz rock « made in California » à de plus récentes collaborations avec des musiciens africains. En première partie de ce concert important, l’Orchestre Pasdeloup (direction Vincent Renaud) joue en création mondiale quatre nouvelles œuvres symphoniques de la plume de Ponty, qui sera rejoint sur scène en deuxième partie par des anciens compagnons de route, des géants de leur instrument nommés Stanley Clarke, Biréli Lagrène, Eddy Louiss ou Daniel Humair, témoins directs d’une trajectoire musicale impressionnante.

Jean-Luc Caradec


Mercredi 11 avril à 20h au Théâtre du Châtelet. Tél. 01 40 28 28 40.

A propos de l'événement



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