La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Critique

Inventaires

Inventaires - Critique sortie Théâtre Paris Théâtre de Poche-Montparnasse
Légende : Judith Magre, Edith Scob et Florence Giorgetti dans Inventaires. Crédit Photo : Brigitte Enguerand

Critique
Théâtre de Poche-Montparnasse / de Philippe Minyana / mes Robert Cantarella

Publié le 2 mars 2013 - N° 207

Vingt-six ans après la création d’Inventaires1, Florence Giorgetti, Judith Magre et Edith Scob reprennent ce spectacle au Théâtre de Poche-Montparnasse. Sous la direction de Robert Cantarella, les trois comédiennes font renaître la profondeur et la drôlerie du texte de Philippe Minyana.

C’est après avoir découvert l’ouvrage photographique Inventaire des objets ayant appartenu a une femme de Bois-Colombes2, de Christian Boltanski, que Philippe Minyana a voulu composer les monologues constituant Inventaires. Pour cela, le dramaturge a interviewé trois femmes de son entourage, accomplissant à la suite de ces entretiens un travail de recomposition visant à s’approprier la vérité de leurs paroles, à restituer de la façon la plus juste et la plus concrète possible ces tranches d’oralité. Ce n’est que par la suite, au cours des répétitions du spectacle, que la nécessité d’éclater et de faire s’entrecroiser ces monologues s’est imposée. Philippe Minyana et le metteur en scène Robert Cantarella (qui interprète sur le plateau du Théâtre de Poche-Montparnasse, en alternance avec Michel Froehly, le personnage de l’animateur) ont ainsi décidé d’inscrire les paroles de Jacqueline, Angèle et Barbara dans le cadre d’un jeu radiophonique. Un Marathon de la parole qui règle de façon faussement aléatoire le droit de ces trois femmes à se raconter.

 

Une poésie du quotidien

 

Comme tenue par un besoin irrépressible de parler, de se livrer au monde, chacune d’entre elles essaie d’en dire le plus possible sur certaines périodes de sa vie, sur des petites choses ou, au contraire, des événements considérables. Cela, toujours l’air de rien, avant qu’un signal ne les coupe pour donner la parole à l’une des deux autres candidates. Jacqueline, Angèle et Barbara s’élancent ainsi dans des jaillissements de phrases, des accumulations de souvenirs qui vont et viennent, s’entrechoquent, se bousculent, ne prennent jamais le temps de s’installer dans quoi que ce soit. Si le cadre qu’impose le jeu radiophonique semble avoir quelque peu vieilli, l’écriture de Philippe Minyana, elle, impose la profondeur et la drôlerie d’une poésie du quotidien. Une poésie faite de digressions, de coq-à-l’âne, de recensements de choses, de faits, d’états d’âme… Il y a beaucoup de tendresse dans ces confessions énumératives, beaucoup d’humanité. Florence Giorgetti, Judith Magre et Edith Scob – chacune dans une couleur très personnelle – donnent l’impression de musiciennes. Faisant à la fois preuve de liberté et d’une grande exigence, elles nous entraînent dans les sinuosités de ce théâtre de l’existence.

 

Manuel Piolat Soleymat

A propos de l'événement

Inventaires
du Vendredi 1 mars 2013 au Dimanche 31 mars 2013
Théâtre de Poche-Montparnasse
75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris.
Du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 17h30. Tél. : 01 45 44 50 21. www.theatredepoche-montparnasse.com. Durée de la représentation : 1h15.
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