« The smallest things », une création réjouissante de Marc Oosterhoff et Owen Winship
Très amusant pour les plus jeunes, poétique [...]
Poussières, mis en scène par Yann Frisch avec la collaboration de Sidonie Pigeon, est un spectacle de théâtre fantastique. Il confronte un couple à un mystère qui n’est perçu que par l’un de ses membres : un trouble s’instaure alors autour de la notion de réel, pour les personnages comme pour les spectateurs.
Alain est prof de philo, Clémence est psychanalyste, et ils sont dans une relation que l’on devine tendre et joyeuse. Des personnages attachants et un peu caricaturaux joués par Jérôme Kircher et Anne Rotger, dont l’interprétation ne manque pas de brio ni de nuances. La vie de ce couple bascule le jour où Clémence rencontre ce qu’elle appelle la Joie, qui lui révèle la danse invisible de la matière – psychose ou vision mystique, la pièce essaie de ne pas trancher. À cette histoire se superpose la présence de tout un peuple d’ombres, dont le statut est double. Il s’agit des techniciens et techniciennes plateau, montrés dans leur rôle extradiégétique, mais leurs apparitions font aussi écho au mythe de la caverne de Platon, opportunément résumé dans le prologue.
Théâtre et effets magiques mis en abîme
Les effets magiques viennent dérégler le sentiment de réalité : le public se trouve ainsi associé aux visions de Clémence. En même temps, Yann Frisch prend le contrepied d’autres artistes de magie nouvelle en mettant en scène une partie de la fabrique de l’irréel. C’est intéressant, en même temps que trouver le juste équilibre entre caché et révélé n’est pas évident, et que les machineries – canons à fumée ou souffleries, bruyants – perturbent la réception de l’histoire. La pièce tranche avec les spectacles précédents de l’artiste, qui passe du côté du théâtre et de la fiction, sans se départir de son humour. Poussières veut être à la fois un spectacle sur l’amour et une réflexion sur la possibilité de connaître le réel, sur la difficulté de renoncer à ce que l’on croit : une promesse globalement tenue, même si les derniers tableaux menacent l’équilibre de cette délicate construction.
Mathieu Dochtermann
à 20h sauf samedi 3 à 17h.
Tél. : 03 85 42 52 12.
Également du 4 au 6 novembre 2026 à La Comédie de Clermont-Ferrand, les 12 et 13 novembre 2026 au Carré Sainte-Maxime, du 18 au 20 novembre 2026 à Malraux scène nationale Chambéry Savoie, du 10 au 12 décembre 2026 au Phénix de Valenciennes, les 17 et 18 décembre 2026 à l’Espace Marcel Carné de Saint-Michel-sur-Orge, les 9 et 10 mars 2027 au Théâtre de Nîmes, les 16 et 17 mars 2027 au Théâtre du Beauvaisis à Beauvais, les 23 et 24 mars 2027 à la Maison de la Culture d’Amiens, les 30 et 31 mars 2027 à Châteauvallon, les 6 et 7 avril 2027 à La Rose des vents de Villeneuve d’Ascq, du 21 au 25 avril 2027 à la MC93 Bobigny, les 29 et 30 avril 2027 au Théâtre Jean Vilar de Suresnes, les 4 et 5 mai 2027 au Volcan du Havre, du 12 au 15 mai et du 18 au 23 mai 2027 au Théâtre du Rond-Point à Paris, du 1er au 7 juin 2027 aux Célestins à Lyon dans le cadre du Festival les Nuits de Fourvière.