Ogre de Samantha Lopez
Trapéziste et chanteuse, Samantha Lopez est [...]
Avec trois jeunes acrobates et un piano, Nikolaus Holz revisite la Genèse et ce choix laissé à l’Homme entre le Bien et le Mal. En rire et en musique. C’est Presque parfait.
Quelle est l’histoire de ce projet ?
Nikolaus Holz : Il y a trois points de départ : Le premier c’est la Genèse, avec cette interdiction de toucher à l’arbre de la connaissance qui conduit l’Homme à faire la part entre ce qui est bon et ce qui est mauvais. Il me semble que d’emblée, l’Homme était placé face à un sacré dilemme. Quoi qu’il fasse, il était mal barré !
Et les autres points de départ ?
N.H. : Il y a le piano auquel je me suis mis depuis dix ans et auquel je joue, encore plus en période de confinement, du matin au soir. Et notamment les derniers Lieder de Schubert, le fameux Winterreise, qu’il a écrits à la fin de sa vie, jeune, alors qu’il passait beaucoup de temps à boire dans les bars. Dans le spectacle, cette musique produira une sorte de mélancolie, une échappatoire à ce dilemme face auquel l’Homme est placé. Et enfin, il y a ces trois jeunes artistes de cirque – Julien Cramillet, Angèle Guilbaud et Martin Hesse qui a seulement 21 ans – qui seront avec moi sur scène et interpréteront trois clochards qui passent leur temps à rejouer cette situation initiale de la Genèse.
En quoi consistera cette petite histoire de l’humanité ?
N.H. : On se trouvera dans une sorte de décharge électronique, pleine de vieux corps d’ordinateurs. Trois clochards habitent ce sous-sol et se demandent comment on a pu en arriver là. Et au milieu de cette montagne de détritus, trône un piano, comme déplacé de son intérieur bourgeois, qui va rouler et s’envoler. Il y aura du hula hoop, de la corde, des acrobaties et de la poésie.
C’est une fable sur notre monde ?
N.H. : Mon idée est surtout de transformer le péché originel en de sublimes instants de cirque. Le cirque fonctionne à partir de l’empêchement. C’est pour cela que le cirque peut provoquer le rire, un rire issu d’une distance à soi-même, où l’on se dit « le clown, l’idiot, c’est moi ». J’ai envie qu’il y ait de l’espoir au-delà des pop-corns et des anti-dépresseurs !
Propos recueillis par Eric Demey
Le Plus Petit Cirque du Monde à Bagneux, du 19 au 22 novembre.
Également le 2 février à Cavaillon.