La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Le cirque tous azimuts ! 2020

Blanc de Sébastien Wojdan

Blanc de Sébastien Wojdan - Critique sortie  Paris Espace Périphérique
Sébastien Wojdan, concepteur et interprète de Blanc. Crédit : DR

Entretien / Sébastien Wojdan
Espace Périphérique à Paris et La Brèche à Cherbourg / Conception et interprétation Sébastien Wojdan

Publié le 3 octobre 2020

Artiste fondateur, en 2006, de la Compagnie Galapiat Cirque, Sébastien Wojdan se lance dans un nouveau solo à la croisée de diverses disciplines. Une création intitulée Blanc que ce « touche-à-tout des arts de la piste » élaborera lors de résidences d’écriture à l’Espace Périphérique, à Paris, et à La Brèche – Pôle National des Arts du Cirque de Normandie.

Comment est née votre vocation de circassien ?

Sébastien Wojdan : Je suis venu au cirque assez tard, vers l’âge de 18 ans, en me mettant à jongler dans la cour de mon lycée. Cette pratique est très vite devenue une passion. Après une école de danse, je me suis donc dirigé vers des études de cirque (ndlr, notamment au Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne). A un moment de ma vie où je me sentais totalement désorienté, le jonglage, et plus généralement l’ensemble des disciplines du cirque, m’ont permis de me sentir libre, m’ont tout simplement donné envie de vivre. Depuis tout petit, je n’ai jamais réussi à entrer dans les cases que propose la société. Le cirque m’a vraiment permis de devenir qui je suis. Et aujourd’hui encore, le cirque me permet d’exprimer mes angoisses, mes folies, mes monstruosités, tout ce qui déborde, tout ce qui est sombre, tout ce qui vient du fond du ventre…

« Le cirque me permet d’exprimer mes angoisses, mes folies, mes monstruosités… »

D’une certaine façon, c’est ce que cherche à explorer Blanc

S.W. : Oui. Ce solo fait suite à un autre solo, Marathon (2013), et à un duo réalisé avec Jonas Séradin, L’Herbe tendre (2017). Ces trois spectacles cherchent à éclairer la question de l’affranchissement, de la révolte, de la liberté. Aujourd’hui à 40 ans, je souhaite continuer à parler de mon intime et de mon vécu, des relations que je peux avoir avec les autres, de la place que j’occupe dans le monde. Je suis quelqu’un de timide et de réservé, quelqu’un qui est hanté par des peurs et des doutes. Blanc est né de l’hypocondrie dont j’ai souffert durant cinq ans, il y a quelques années. J’ai voulu éclairer, grâce à ce nouveau spectacle, ce qui m’écrasait durant cette période, ce qui m’empêchait de me sentir libre.

Comment toutes ces choses prennent-elles forme, concrètement, sur la piste ?

S.W. : La scénographie est le point de départ de ma réflexion et de mon écriture. Dans Blanc, il y a une boîte et de hautes palissades en bois qui m’entourent. L’espace que je crée est un peu comme un laboratoire d’observation du vivant. Un laboratoire au sein duquel je manipulerai des objets, de la matière, des mots… Il y aura du café, des tasses à café, des oranges, beaucoup de clous, des fouets, des lancers de couteaux, du corps en mouvement, des numéros d’équilibre, des textes projetés, de la musique… Je travaille beaucoup par le jeu et la contrainte. Je cherche des décalages par rapport à la technique traditionnelle du jonglage. Cela, en explorant toutes sortes de disciplines. J’ai toujours envie de bouger, d’aller de l’avant, d’apprendre et de découvrir de nouvelles choses.

 

Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat

A propos de l'événement

Spectacle en résidence d’écriture
du lundi 26 octobre 2020 au mercredi 4 novembre 2020
Espace Périphérique
2 Rue de la Clôture, 75019 Paris

Du 3 au 15 mai 2021 à La Brèche - Pôle National des Arts du Cirque de Normandie.

x

Suivez-nous pour ne rien manquer sur le spectacle vivant

Inscrivez-vous à la newsletter

x
La newsletter de la  Terrasse

Abonnez-vous à la newsletter

Recevez notre sélection d'articles sur le spectacle vivant