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L’expression vitale du violon

L’expression vitale du violon - Critique sortie

Publié le 2 octobre 2009

Marie Cantagrill est une battante. Après avoir dû arrêter la pratique du violon pendant deux ans à cause d’une grave maladie, la musicienne française d’origine catalane a repris avec brio sa carrière de concertiste. Elle se consacre aujourd’hui à une intégrale discographique des œuvres pour violon de Bach, dont le premier volume se révèle particulièrement prometteur.

Vous sentez-vous appartenir à une école de violon ?

Marie Cantagrill :
Le fait d’avoir étudié avec Igor Oïstrakh m’a rapprochée de l’école russe. J’aime cette sensibilité exacerbée, mais je trouve parfois étouffant le rapport des professeurs avec les élèves. Ils veulent gérer non seulement leur apprentissage du violon mais aussi toute leur vie. J’ai par ailleurs apprécié de travailler avec Philippe Koch au Conservatoire de Liège, qui est un représentant de l’école franco-belge dont j’apprécie particulièrement l’élégance. Au final, je me vois plutôt comme un mélange de différentes cultures.

Présentez-nous vos différents enregistrements…

M.C. : Mon premier CD est dédié à mon père qui est décédé dix jours avant l’enregistrement. Comme il aimait beaucoup la musique folklorique, on retrouve sur ce disque des airs bohémiens et des pièces très virtuoses. Je me suis ensuite tournée vers la musique slave avec un album réunissant notamment des œuvres de Smetana, Suk… Après cela, j’ai enregistré le Concerto de Tchaïkovski : c’était la réalisation d’un rêve d’enfant. Mais malheureusement, ce disque n’a pas eu la promotion qu’il aurait dû avoir, car je suis tombée malade. J’ai dû tout arrêter pendant deux ans, à cause d’une tumeur. Et il y a un an, j’ai repris en jouant des œuvres de Bach.

Pendant votre maladie, quel rapport avez-vous entretenu avec la musique ?

M.C. : Je travaillais dans ma tête. Je sentais les cordes sous mes doigts. Comme certains sportifs, je sollicitais les muscles par le cerveau. C’était un moyen de ne pas sombrer moralement. La reprise s’est faite petit à petit. La souffrance m’a rendu l’œuvre de Bach plus claire. Je ne vois d’ailleurs plus la musique de la même façon. Et j’ai l’impression d’être maintenant reconnue comme artiste et non plus seulement comme une jeune virtuose.

Propos recueillis par Antoine Pecqueur

Marie Cantagrill en 5 dates

1979 : naissance dans l’Isère
1984 : commence l’étude du violon
1987 : rencontre la professeur Hélène Grangaud
2000 : Prix du Conservatoire de Bruxelles dans la classe d’Igor Oïstrakh
2009 : sortie de son premier CD consacré à l’œuvre pour violon de Bach

Disques

Bach : Partitas n°2 et n°3. ABP.
Tchaïkovski : Concerto. Avec le Budapest Concert Orchestra, dir. Tamàs Gàl. ABP.
Récital slave. Avec Véronique Bracco, piano. ABP.
Œuvres de Berlioz, Paganini, Ravel, Sarasate. Avec Véronique Bracco, piano. ABP.

A propos de l'événement


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