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Le point sur la situation des ensembles spécialisés

Le point sur la situation des ensembles spécialisés - Critique sortie
© D. R.

Publié le 2 octobre 2009

La Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés (FEVIS ) accueille régulièrement de nouveaux ensembles en son sein.
Une belle vitalité essaimant sur tout le territoire, cautionnée par le public et méritant pleinement le soutien des acteurs politiques…

Les ensembles de musique ancienne représentent une grande part des ensembles, est-ce que les tendances évoluent ?
Pierre Choffé :
On observe une certaine stabilité dans l’évolution des répertoires des ensembles spécialisés. Nous accueillons régulièrement de nouveaux ensembles au sein de la fédération, signe de la vitalité des ensembles indépendants et de la vitalité des musiques anciennes et contemporaines.

Est-ce que les ensembles consacrés au répertoire contemporain trouvent leur public, ou ont-ils plus de difficultés que d’autres ?
P.C. :
Ces ensembles ont depuis longtemps trouvé leur public et il ne faut pas croire qu’ils soient confidentiels. Si certains répertoires s’adressent à un public spécialisé (comme certains répertoires de danse ou de théâtre), de nombreux concerts ou spectacles attirent un public curieux et passionné. La difficulté principale pour ces ensembles réside dans l’image que se font parfois les politiques de ce type de répertoire qu’ils s’imaginent élitiste, ennuyeux…

« Si les subventions viennent à se réduire, c’est l’existence même de certains ensembles qui est menacée. »

Quelle est la situation des musiciens au sein des ensembles ?
P.C. :
Un grand nombre d’artistes “indépendants” ont une activité complémentaire, la plupart du temps en tant que professeurs. Cela leur permet d’avoir une rémunération stable et leur donne toute liberté pour gérer à leur guise leur carrière de musiciens. Il y a dans ces ensembles une relation tout à fait singulière entre le directeur artistique, porteur du projet, et ceux qui l’accompagnent et participent souvent à l’élaboration du projet. Un ensemble comme les Arts Florissants s’est nourri de l’apport de chacun des musiciens qui ont participé à l’aventure des années 80, recherches musicologiques, organologiques, travail en commun sur l’interprétation…

Quel est globalement l’évolution des subventions accordées à ces ensembles ?
P.C. :
Il aura fallu du temps pour reconnaître l’importance d’un mouvement artistique né en dehors d’une politique culturelle centralisée. C’est chose faite aujourd’hui. Les ensembles qui à leur naissance, dans les années 70-80, étaient des sortes d’OVNI pour les tutelles, ont progressivement trouvé un soutien de la part du Ministère de la Culture et des collectivités territoriales, en grande partie grâce à l’engouement du public. Cependant ce soutien reste très en deçà de celui accordé aux institutions permanentes. Et si les subventions viennent à se réduire, c’est l’existence même de certains ensembles qui est menacée. Un des rôles de la FEVIS est d’attirer la vigilance des pouvoirs publics sur la fragilité des ensembles et la nécessité de les soutenir pour entretenir la diversité musicale qu’ils permettent.

Propos recueillis par Sébastien Llinares

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