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« J’ai besoin d’explorer toujours des formes nouvelles »

« J’ai besoin d’explorer toujours des formes nouvelles » - Critique sortie
Thierry Escaich, compositeur en résidence auprès de l’Orchestre national de Lyon, renouvelle les formes classiques. Photo : Emmanuel Thomas

Publié le 2 octobre 2009

Dans le paysage des compositeurs français, Thierry Escaich occupe une place à part. Compositeur prolifique, organiste réputé, interprète et improvisateur, il explore et construit un univers musical personnel et polymorphe. Pour sa résidence auprès de l’Orchestre national de Lyon, depuis juillet 2007, il a composé trois nouvelles œuvres.

« Les climats, les énergies ou les couleurs particulières, que cette proximité avec l’orchestre stimule, alimentent mon travail orchestral. »
 
 
Comment avez-vous choisi les trois pièces créées lors de la résidence à Lyon ?
 
Thierry Escaich : Nous les avons choisies en discutant avec l’équipe de l’Orchestre National de Lyon. Pour la première commande, l’idée était de choisir un programme faisant écho à Tristan et Isolde. Pour illustrer la noirceur du drame lyrique de Richard Wagner, j’ai choisi le thème de la nuit, et pensé à une pièce vocale. Cela a donné Les Nuits hallucinées, qui m’ont demandé six mois de travail. J’ai choisi moi-même la deuxième pièce, qui est un concerto pour violon. J’avais envie d’approfondir la forme concerto et David Grimal, qui est un ami, me demandait depuis longtemps d’écrire pour lui. Je n’avais jamais trouvé le temps de le faire, et la résidence à Lyon m’a permis d’honorer sa demande. La troisième commande est encore un concerto, pour clarinette cette fois-ci, écrit pour Paul Meyer.
 
La résidence entraîne-t-elle un rapport privilégié à l’orchestre ?
 
T. E. : Absolument. Je participe aussi aux concerts de musique de chambre en tant qu’interprète au piano ou à l’orgue. Je suis donc proche des musiciens de l’orchestre, de leur jeu, de leurs instruments. Les climats, les énergies ou les couleurs particulières que cette proximité stimule alimentent mon travail orchestral. J’approfondis aussi une connaissance plus physique des instruments.
 
Est-ce que la résidence vous permet de faire un point sur votre travail. Recyclez-vous par exemple des bouts de compositions inachevées ?
 
T. E. : Je ne recycle pas de compositions inachevées, mais c’est vrai qu’il y a une forme d’interaction entre les œuvres que je travaille dans des périodes rapprochées. Il y a des motifs qui irriguent mon travail pendant une période. Je les exploite pleinement, comme pour pouvoir terminer un cycle et passer à autre chose. Je travaille en ce moment à la conception d’un ballet pour le New York City Ballet. Il est amusant de constater que plusieurs de mes œuvres ont déjà été utilisées pour des ballets alors qu‘elles n‘avaient pas été écrites pour cela. Mais cette fois les rôles sont inversés : au lieu que ma musique influence les mouvements des danseurs, c’est d’abord l’argument du ballet qui va influencer le déroulement de ma musique. J’ai ce besoin d’explorer toujours des formes nouvelles.

Propos recueillis par Sébastien Llinares

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