La Terrasse

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Le Cirque contemporain en France

Epicycle

Epicycle - Critique sortie
Crédit photo portrait : Cirk VOST Légende : Benoît Belleville, un des cinq membres fondateurs de Cirk VOST.

Fondation BNP Paribas : 15 ans d’engagement auprès des Arts du Cirque / Par la compagnie CirkVOST

Publié le 11 novembre 2014

Le spectacle a pris le nom de la roue géante qui lui sert d’agrès et de scénographie. Le voltigeur Benoît Belleville nous plonge dans son univers. 

Quelles sont les sources de l’univers d’Epicycle ?

Benoît Belleville : Épicycle est la première grosse production du Cirk VOST, compagnie que nous avons cofondée à cinq en 2007, juste à la fin des Arts Sauts. Le spectacle est sorti en 2010. Il a mis deux bonnes années à s’écrire et nous nous sommes appuyés sur l’univers de la bande dessinée. Il y a des sources chez le dessinateur Cécil, par exemple, avec Le Réseau Bombyce, qui, même si ce n’est pas l’histoire que nous racontons, donne à voir des gars qui tissent en l’air un réseau avec des tyroliennes, des cordes qu’ils tirent, des machines pour remonter les cordes… On pourrait aussi citer Bilal, ou L’enfant penchée de François Schuiten, qui montre un peuple sur une planète où ils sont tout le temps obligés de marcher au risque de se retrouver la tête en bas et de tomber quelque part. Nous avons voulu montrer un décalage avec la logique terrestre, à travers une tribu, un petit peuple des airs. On comprend bien qu’ils sont tous de la même bande, de par leurs costumes, leur façon de communiquer… Le film Delicatessen de Caro et Jeunet a aussi été une source d’inspiration, comme La Cité des enfants perdus.

« Un décalage avec la logique terrestre, à travers une tribu, un petit peuple des airs. »

Que dire du dispositif scénographique et du chapiteau, qui font partie intégrante du spectacle ?

B. V. : Au début, l’épicycle devait tourner et les agrès venir au fur et à mesure que la roue tournait. Il y aurait eu une révolution, comme pour les astres. Cela n’a pas été possible techniquement et financièrement parlant. Peu importe, dans la mesure où il faut toujours partir très haut pour arriver au bon endroit, et cela nous a conduits à cet épicycle, avec la question de pouvoir l’emmener sous un chapiteau. Nous y avons réfléchi avec un bureau d’étude et la révélation est venue à travers l’idée d’une toile tendue avec des mâts extérieurs qui permettent de gagner en visibilité et en hauteur, parce que notre épicycle monte à treize mètres.

Comment, quand on vient des Arts Sauts, et que l’on se lance dans une nouvelle grosse production, réinvente-t-on cette histoire de voltige et de trapèze ?

B. V. : C’était le challenge. Les Arts Sauts ont été une belle histoire qui s’est terminée à son apogée. Il y avait donc un virage artistique à franchir, parce qu’on n’allait pas reprendre la façon de voltiger, les costumes, et toute une marque de fabrique qui étaient propres aux Arts Sauts. Pour leur dernier spectacle, on avait le sentiment d’être très petits, parce que la structure commençait à être énorme : on a donc voulu revenir plus près du public tout en conservant l’aspect aérien. Mais l’idée des transats pour le public est restée. Nous sommes moins dans le lyrisme et le choix de la musique a été important : plus de violoncelle ou de chant lyrique, mais de l’électro. On a rajouté de la théâtralité en parlant de personnages, sans pour autant être des comédiens. Cela implique un autre travail, que ce soit dans le mouvement de l’acrobate en train de voltiger, ou dans des scènes bien précises avec une partition de jeu à exécuter.

 

Propos recueillis par Nathalie Yokel

 

Epicycle part en tournée deux mois au Japon en avril-mai 2015 à Osaka, Tokyo et Sapporo (tournée en construction sur près de 24 dates).

 

 

 

 

Fondation BNP Paribas

@FondationBNPP

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