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La musique Baroque en France

Christophe Coin, ou l’expression intérieure

Christophe Coin, ou l’expression intérieure - Critique sortie
Photo : Robert Deconchat

Publié le 10 juillet 2008

Christophe Coin, ou l’expression intérieure

Figure pionnière du renouveau de la musique ancienne, le violoncelliste Christophe Coin est à la tête de l’Ensemble baroque de Limoges.

Sa discrétion est une fausse apparence. Christophe Coin mène aujourd’hui l’une des carrières les plus actives du milieu baroque français. Il est à la fois violoncelliste, gambiste, enseignant, chercheur, chef d’orchestre… Cette frénésie d’activités ne date pas d’hier. Lorsqu’il était étudiant, il se partageait déjà entre le violoncelle moderne qu’il étudiait avec André Navarra et les instruments anciens. « C’était la schizophrénie totale », se souvient-il. Mais rapidement, sa trajectoire va privilégier l’interprétation historique, nourrie de ses rencontres avec Jordi Savall et Christopher Hogwood. A Vienne, Christophe Coin se lie avec Nikolaus Harnoncourt, puis fonde le Quatuor Mosaïques. « Le jeu viennois est plus souple, plus expressif que celui de l’école française », explique le violoncelliste, qui se réjouit de fêter, la saison prochaine, les vingt ans du quatuor. L’aventure a par contre été – provisoirement ‘ – interrompue avec le pianiste Patrick Cohen, l’autre grand compagnon musical de Christophe Coin. « C’est une osmose très forte, car nous partageons le même jeu instinctif. Mais, dans une carrière, on a parfois besoin de prendre ses distances », nous dit celui qui, depuis 1991, est également à la tête de l’Ensemble baroque de Limoges. « Ce n’est pas un carriériste, mais un puriste », affirme Isabelle Depret-Bixio, administratrice de l’ensemble, avant de préciser : « Il ne peut pas aborder un sujet seulement par l’interprétation musicale ». La Borie, lieu de résidence de l’ensemble, accueille ainsi des colloques et possède même depuis 2006 son propre label discographique.

Orchestres modernes

En parallèle, Christophe Coin enseigne le violoncelle baroque dans les Conservatoires de Paris et de Bâle. Son activité d’enseignant ne fait cependant pas forcément l’unanimité. L’un de ses anciens élèves regrette qu’il soit « trop peu présent et n’insuffle pas de vie de classe. Il a par ailleurs du mal à expliquer pédagogiquement comment faire pour arriver au résultat musical souhaité ». De son côté, Christophe Coin épingle les élèves qui sont « de moins en moins intéressés par la recherche et ne viennent en cours que pour obtenir une sorte de bénédiction ». Depuis quelques années, le violoncelliste a aussi choisi de diriger des formations modernes, comme l’Orchestre Poitou-Charentes ou l’Orchestre des Pays de Savoie. « Je ne me sens pas l’âme d’un chef, mais j’aime faire partager à des musiciens mon expérience, mes idées sur le son, l’articulation, le style », indique le musicien, qui, à côté de ces rencontres éphémères, apprécie de pouvoir compter sur des liens fidèles. A l’instar d’un Savall ou d’un Harnoncourt, Christophe Coin joue ainsi souvent avec sa femme, Maria Tecla Andreotti, flûtiste et membre de l’Ensemble baroque de Limoges. « Dans notre métier, on est isolé. On connaît beaucoup de gens, mais rares sont ceux avec qui on peut vraiment échanger », avoue Christophe Coin. Cette confession laisse transparaître, derrière l’être introverti, une émotion fragile, celle-là même qui habite son jeu musical.

A. Pecqueur

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