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Jazz / Musiques - Gros Plan

François Méchali dans la nuit

François Méchali dans la nuit - Critique sortie Jazz / Musiques
Légende photo © Olivier Gherrak : François Méchali revisite un conte hassidique pour composer un oratorio polyphonique et métaphysique.

Publié le 10 décembre 2011 - N° 193

Pour sa quatrième édition, « La nuit du jazz » en clôture du festival Jazz au Fil de l’Oise invite le jazz à une belle escapade nocturne.

Pour commencer cette soirée qui se prolonge dans les méandres d’un jazz ouvert et curieux de l’autre, le Quatuor Ébène propose une drôle de fiction, avec ensemble à cordes sensibles, percussions graciles et DJ subtil. De quoi rendre grâce à une musique de chambre résolument moderne et contemporaine, entendez volontiers aventureuse, aux sons qui hantent notre actualité. Puis place à François Méchali, « contrebassiste dans tous ses états » et artiste en résidence en ces lieux, qui convie tout d’abord un pair de longue date, le percussionniste Ramon Lopez, afin de poser l’ambiance de cette nuit : du jazz, il sera question entre les lignes d’une mise en scène (en abîme) poétique dont le morceau de choix sera le Dibbouk Oratorio. 
 
Entrez dans la légende
 
Le natif d’Alger, fidèle à sa curiosité hors limite, rend visite à un conte yiddish. Issu d’une légende hassidique, Le Dibbouk est un ouvrage classique de la littérature yiddish : un sortilège pèse sur Léa et Hannan, prédestinés à s’aimer, et que seule la mort parviendra à unir.

Sur cette trame aux allures de mélodrame classique, François Méchali a composé un oratorio polyphonique avec chœurs, cordes et percussions. Menée par Denis Gautheyrie, la chorale Soli-Tutti est le fil conducteur de ce voyage au pays des âmes, qui invite à une réflexion sur l’autre et sur le dépassement de soi. Quoi de plus normal pour celui qui se définit comme un « esthète hérétique qui se joue des sacro-saintes chapelles », un artiste audacieux qui transgresse depuis toujours les soi-disant codes de bonnes conduites pour nous indiquer des voies moins évidentes, plus réjouissantes, que celle de la norme assommante et assourdissante. 

Jacques Denis


Le jeudi 8 décembre à 19 h 30 à L’Apostrophe/Théâtre des Louvrais, Scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise de Pontoise (95). Places : de 19 à 24 € /tarif réduit : 19 €. Tél : 01 34 20 14 14. 

A propos de l'événement



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