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Focus -264-Théâtre Impérial de Compiègne

UN BOUILLONNEMENT CULTUREL PERMANENT

UN BOUILLONNEMENT CULTUREL PERMANENT - Critique sortie Classique / Opéra  Théâtre Impérial de Compiègne
Eric Rouchaud © Eric Mercier

ENTRETIEN > ERIC ROUCHAUD

Publié le 27 mars 2018 - N° 264

Directeur du Théâtre Impérial de Compiègne depuis 2009, Eric Rouchaud est aussi le directeur de l’Espace Jean Legendre, scène pluridisciplinaire de l’Oise. Cette structure unique sur deux sites lui permet de développer un projet original à forte dimension musicale et lyrique.

Quelles sont les spécificités du Théâtre Impérial de Compiègne ?

Eric Rouchaud : Le Théâtre Impérial de Compiègne ne peut se détacher de l’Espace Jean Legendre : ces deux phalanges formant les Théâtres de Compiègne constituent un pôle artistique et culturel de référence nationale sans équivalent au nord de Paris. Le Théâtre Impérial de Compiègne, dont l’acoustique est une des plus parfaites du monde, déploie un projet artistique riche qui s’appuie beaucoup sur des résidences d’artistes. Son lien avec l’Espace Jean Legendre permet une pluridisciplinarité, un dialogue des arts inventif qui ouvre l’art lyrique à des disciplines qui ne sont pas toujours associées à l’opéra.

Comment avez-vous construit votre saison ? Votre programmation semble davantage articulée autour de la pluridisciplinarité et de la fidélité artistiques qu’autour d’un répertoire particulier.

E. R. : C’est vrai même si, par son histoire, le Théâtre Impérial porte une attention particulière à la musique française de la fin du XIXe siècle, mais en s’ouvrant très largement à d’autres périodes et répertoires qui vont du baroque à la création contemporaine. La saison se construit beaucoup en lien avec les artistes en résidence. La Sirène d’Auber en est un bon exemple : c’est une œuvre lyrique oubliée qui a été ressuscitée en janvier avec une compagnie, Les Frivolités parisiennes, et une soprano, Jeanne Crousaud, toutes deux en résidence. Nous portons ou accompagnons aussi de nombreux projets avec des artistes ou des structures en partenariat. Manga Café de Pascal Zavaro sera créé ici en mai puis sera joué à Paris, à l’Athénée. En ce qui concerne notre programme de concerts, qui va du récital au symphonique, nous privilégions également les projets soit avec des artistes en résidence, soit avec des ensembles avec lesquels nous entretenons une fidélité comme Pygmalion, Les Siècles ou l’orchestre de Picardie.

« Nous nous inscrivons en tant que centre de production lyrique en région Hauts-de-France. »

Comment développez-vous l’éducation artistique et culturelle ?

E. R. : Elle est un des piliers historiques de notre action. En partenariat avec 74 établissements scolaires, nous accueillons dans nos deux théâtres 12 000 scolaires par an, et créons des projets participatifs dans toutes les disciplines. Nous intégrons des chœurs d’enfants dans la création L’Odyssée, et collaborons avec toute une jeunesse pour la sensibiliser à l’art lyrique et à la musique. Je souhaite poursuivre fortement ce travail à Compiègne et au-delà, sur le territoire de l’Oise et la région des Hauts-de-France, en créant un novembre/décembre 2018 un festival lyrique et de chant choral qui s’appellera le « Festival En voix ! ». Il permettra d’aller à la rencontre des publics dans des territoires où l’art lyrique est moins présent comme les zones rurales, pour présenter des concerts, des spectacles mais aussi favoriser le lien avec les jeunes et les chorales locales. L’idée est de créer une émulation autour de l’art lyrique et du territoire en réunissant toutes les générations.

Comment envisagez-vous l’avenir du Théâtre Impérial de Compiègne ?

E. R. : Depuis 2009, mon projet a évolué. En partant d’un théâtre lyrique essentiellement d’accueil, nous avons construit un théâtre à vocation de production. Nous nous inscrivons en tant que centre de production lyrique en région Hauts-de-France, de manière à ce que l’identité du Théâtre Impérial s’affirme comme un lieu de création, de production et de diffusion tout en étant extrêmement ancré dans notre territoire. La dimension de production s’est consolidée au fil du temps dans la mesure des moyens que nous obtenons. Nous sollicitons depuis plusieurs années un label de « scène nationale » qui nous permettrait de poursuivre notre travail, de l’amplifier et de continuer d’ouvrir l’art lyrique à la pluridisciplinarité, dans un bouillonnement culturel permanent.

 

Entretien réalisé par Isabelle Stibbe

A propos de l'événement

Théâtre Impérial de Compiègne
3 rue Othenin, 60200 Compiègne.

Tél : 03 44 40 17 10.


www.theatredecompiegne.com


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