La Terrasse

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Focus -144-2e2m

Sur les traces de nouvelles musiques

Sur les traces de nouvelles musiques - Critique sortie Classique / Opéra

Publié le 10 janvier 2007 - N° 144

La richesse des saisons d’un ensemble de musique contemporaine se mesure souvent à l’aune des créations qu’il propose. Ces ?uvres […]

La richesse des saisons d’un ensemble de musique contemporaine se mesure
souvent à l’aune des créations qu’il propose. Ces ?uvres nouvelles construisent
en même temps l’histoire d’un ensemble. Donner à entendre une ?uvre pour la
première fois est forcément un moment fort, partagé par le public d’un soir. Il
y a beaucoup à découvrir en cette saison 2007 en compagnie de l’Ensemble 2e2m :
c’est principalement à la jeune génération qu’il reviendra de faire entendre une
musique nouvelle. Outre le compositeur en résidence, l’Italien Aureliano
Cattaneo (lire ci-contre), ce sont trois trentenaires que réunit la
programmation : Geoffroy Drouin (né en 1970), dont Le Bruit et la trace
pour hautbois et ensemble a été créé en novembre, Jérôme Combier (né en 1971) et
Bruno Mantovani (exact contemporain d’Aureliano Cattaneo, né en 1974). André
Serre-Milan ou Alexandros Markéas, tous deux nés en 1965, sont aussi de cette
génération éclose au cours des deux dernières décennies.

Nouvelles générations

Bruno Mantovani a été le compositeur vedette du dernier festival Musica de
Strasbourg, où l’Ensemble 2e2m a créé sa Cantate n° 1, écrite en 2002 sur
onze poèmes de Rainer Maria Rilke. Faisant appel à six solistes vocaux (les
excellents Neue Vocalsolisten de Stuttgart), l’?uvre, reprise le 7 mai au
Trianon à Paris, déploie une intensité dramatique naturelle chez ce compositeur
prolifique et moderne. Peut-être d’ailleurs faut-il voir dans cette cantate un
pas fait en direction de son premier opéra, L’Autre Côté, créé en
septembre dernier à Strasbourg.

Comme Bruno Mantovani, Jérôme Combier a fréquenté les studios de l’Ircam où
il s’est familiarisé avec l’informatique musicale mais où, surtout, il a pu
poursuivre un travail sur le son qu’il partage avec ses maîtres Emmanuel Nunes
et Michaël Levinas. Sa nouvelle partition, attendue pour le 27 avril, assemble
deux clarinettes, deux trombones, un quatuor à cordes, un piano et des
percussions au service de sonorités minérales.

Quant à Alexandros Markeas, qui partage avec Bruno Mantovani un certain goût
pour l’improvisation, il poursuit l’aventure de son Chant quotidien
commencée l’an dernier à bord de la Péniche Opéra. Dans ce « cycle de
mélodies qui accompagne une personne tout au long de sa journée »
, le
compositeur emploie l’étrange poésie de Ghérasim Lucas, jeu permanent sur le
sens et le son des mots, dont la musique épouse les rythmes.

Il faut noter enfin la création, lors d’un même concert (le 15 février) de
L’Aurore
, ?uvre dansée pour ensemble et électroacoustique d’André
Serre-Milan, et de Speed, clin d’?il du toujours présent fondateur de
l’Ensemble, Paul Méfano.

Jean-Guillaume Lebrun

A propos de l'événement


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