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Focus -343-Rideau ! et les explorations immersives de l'ensemble Les Apaches !

Rideau ! et les explorations immersives de l’ensemble Les Apaches !

Rideau ! et les explorations immersives de l’ensemble Les Apaches ! - Critique sortie
L'ensemble Les Apaches ! C : Quentin Chevrier

SPEDIDAM

Publié le 26 avril 2026 - N° 343

Un an après la création de Rave-L Party au Théâtre du Châtelet, Les Apaches ! revient au festival Les Folies musicales avec Rideau !, autour de Parade de Satie. Le chef Julien Masmondet évoque cette nouvelle étape dans l’aventure artistique de l’ensemble qui, avec son premier concert au Musée du Louvre, poursuit le dialogue entre les arts, et fait ses débuts à la Seine Musicale avec un condensé de ses expérimentations immersives.

Que proposez-vous avec Rideau ! ?

Julien Masmondet : Après le Boléro dans Rave-L Party, nous avons voulu revisiter une autre œuvre manifeste de la modernité, Parade de Satie. Rideau ! explore la filiation entre Satie et Cage, dans une expérience musicale et visuelle qui renouvelle les formes du concert pour toucher d’autres publics, une démarche au cœur du festival Les Folies Musicales du Théâtre du Châtelet, où nous avions créé l’an dernier Rave-L Party. Dans la continuité de notre dialogue entre répertoire et création avec Ravel, nous faisons appel à des compositeurs d’aujourd’hui pour prolonger le geste de Parade. Philippe Hattat et Othman Louati réorchestrent les Vexations, jalon du programme, et d’autres pièces de Satie et de Cage, dans l’esprit de Parade, avec l’intervention d’objets du quotidien, ceux du ballet originel, (sirène, machine à écrire, roue de loterie…), et d’autres plus contemporains, (brosse à dents électriques, rasoir…), qui sont traités comme des instruments de musique. À l’inverse du crescendo de Rave-L Party, Rideau ! glisse du bazar au silence, vers une épure onirique qui s’achève avec 4’33 de Cage. Pour la mise en scène, nous retrouvons le duo Gordon et Sarah Silverblatt-Buser, qui reprend l’approche poétique et visuelle de l’univers de Satie et le minimalisme de Cage.

« Une expérience musicale et visuelle qui renouvelle les formes du concert pour toucher d’autres publics. »

Comment se construit la diffusion de vos projets ?

J.M. : Pour ces deux projets, les Folies musicales du Théâtre du Châtelet sont un point de départ pour faire connaître notre savoir-faire. Comme pour Rave-L Party, Rideau ! va aller à la Ruhrtriennale. Au fil des tournées, le dispositif de Rave-L Party s’est adapté aux différents lieux, avec un auditoire debout, assis dans la salle, ou sur scène pour danser au milieu des musiciens lors du DJ set final. La réaction du public dépend de la configuration choisie. La reprise à la Seine Musicale est pensée comme une déambulation, pour mettre les spectateurs au cœur de l’expérience sonore, une dynamique immersive que l’on veut également développer dans Rideau !

Quelle part tient la technologie dans votre travail ?

J.M. : Nos débuts à la Seine Musicale s’inscrivent dans une thématique de leur programmation autour des outils technologiques et de la réalité virtuelle, un thème que l’orchestre Insula, en résidence là-bas, est l’un des seuls en France à visiter. À côté de Rave-L Party, nous reprendrons Ça vous dérange ?, un parcours de treize minutes au casque sur les bruits de la nature, un patrimoine sonore des campagnes menacé par les conflits de voisinage, à l’exemple du médiatique fait divers autour du coq Maurice sur l’Île d’Oléron, dont nous avions fait un opéra avec Pascal Zavaro en 2021. Formant un cycle reproduisant les différents moments du jour, les cinq créations de deux minutes chacune mélangent des sons enregistrés par l’audio-naturaliste Fernand Deroussen aux instruments acoustiques. En se saisissant de questions de société, nous cherchons aussi à faire passer un message.

Comment avez-vous conçu votre programme Indefinito ?

J.M. : Pour nos premiers pas au Louvre, nous présentons avec la soprano Marie-Laure Garnier un prolongement de l’exposition sur Michel-Ange et Rodin, autour des visions plurielles de l’érotisme et du désir, dans un programme qui mêle des œuvres du répertoire, de Monteverdi à Debussy, avec des créations et arrangements de Fabien Touchard et Othman Louati. Certaines des œuvres de l’exposition seront projetées sur écran pendant le concert à l’Auditorium, mis en scène par nos complices Gordon et Sarah Silverblatt-Buser. Indefinito fait dialoguer les arts, dans un format plus classique qui élargit le regard sur l’identité de notre ensemble.

 

Propos recueillis par Gilles Charlassier

A propos de l'événement

Rideau !


le 9 mai au Théâtre du Châtelet ;

Indefinito, le 30 mai au Musée du Louvre ;

Ça vous dérange ?, le 12 juin à la Seine Musicale ;

Rave-L Party, le 13 juin à la Seine Musicale, le 24 juin à la Fondation Fiminco à Romainville et le 27 juin au Holland Festival à Amsterdam.

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