La Terrasse

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Laurent Brunner et Hervé Burckel de Tell

Laurent Brunner et Hervé Burckel de Tell - Critique sortie Classique / Opéra
© Faustine Cornette de Saint Cyr

Publié le 10 septembre 2011

Une nouvelle synergie musicale à Versailles

Le directeur de Château de Versailles Spectacles, Laurent Brunner, et le directeur général du Centre de musique baroque de Versailles, Hervé Burckel de Tell, nous expliquent l’organisation de la saison musicale au Château de Versailles.

« Nous allons continuer à programmer des œuvres peu données, comme, cette saison, le Didon de Hasse. »  L. Brunner
« Notre mission globale n’a pas changé : la redécouverte et la valorisation du patrimoine musical français des xviie et xviiie siècles. » H. Burckel de Tell
 
 
Pourquoi avez-vous décidé de rapprocher vos deux structures ?
Hervé Burckel de Tell : La situation n’était plus cohérente. Le public et les professionnels n’arrivaient pas à comprendre la programmation musicale au Château de Versailles, qui était divisée entre la saison de Château de Versailles Spectacles (CVS) et celle du Centre de musique baroque de Versailles (CMBV). Il n’y avait même pas de numéro de téléphone commun, alors que les concerts se déroulaient au même endroit ! Après une période de difficulté, nous avons trouvé une solution satisfaisante. Seul CVS est désormais programmateur. Le CMBV se limite à la production et la co-réalisation des concerts, tout en poursuivant ses autres axes forts : la recherche et l’édition, ainsi que la formation. Notre mission globale n’a pas changé : la redécouverte et la valorisation du patrimoine musical français des xviie et xviiie siècles.

Laurent Brunner :
Nous allons assurément gagner en efficacité. Le CMBV va pouvoir se concentrer sur la production de projets musicaux nouveaux. Leurs concerts seront traditionnellement donnés à l’automne, pour ne pas rompre avec la tradition des grandes journées. De notre côté, à CVS, nous allons continuer à programmer des œuvres peu données, comme, cette saison, le Didon de Hasse, le seul opéra italien qui aurait été joué à Versailles. Nous allons aussi inviter des interprètes étrangers à jouer des œuvres de musique baroque française : il n’y a pas de raison de limiter ce répertoire aux musiciens français ! Nous sommes évidemment ouverts à des styles très variés – Wagner sera à l’honneur en 2013. Sans oublier la danse, qui a eu une importance historique à Versailles.
 
CVS va-t-il continuer à programmer de la pop à Versailles ?
L.B. : Je ne cherche pas à accueillir des artistes de variété en tournée. J’attends de leur part des projets en lien avec le lieu. Nous accueillerons cette saison Roberto Alagna dans un programme latino et il y aura d’autres surprises, qui ne sont néanmoins pas encore confirmées pour l’instant. Ce type de programme ne constitue cependant pas le cœur de notre projet.
 
Quel est le développement du CMBV hors de Versailles ?
H.B. de T. : Le paysage musical a considérablement changé depuis la création du CMBV. Au départ, nous étions les seuls ou presque à programmer la musique baroque française. Aujourd’hui, les salles et festivals sont friands de ce répertoire. C’est ainsi que, en tant que producteur, nous avons tissé des liens avec l’Opéra Comique, le Théâtre des Champs-Elysées, le Festival d’Utrecht, le Palazetto Bru Zane de Venise. Cette logique de co-production va en se développant.
 
Quelles ont été les conséquences économiques de cette nouvelle organisation de la vie musicale versaillaise ?
H.B. de T. : En supprimant le volet programmation, nous avons été obligés de procéder à trois licenciements économiques. Notre budget a baissé de 700 000 euros pour aboutir à 4,5 millions d’euros. Mais à partir de 2012, j’espère pouvoir augmenter la partie octroyée à la recherche et celle dédiée à la production.
L.B. : Nous avons désormais un budget de dépenses plus important. Le budget de Château de Versailles Spectacles est chaque année de 15 millions d’euros, dont 2,5 millions pour les concerts. Il ne faut pas oublier que nous organisons également les spectacles en plein air, comme les grandes eaux musicales, ainsi que les expositions d’art contemporain. La prochaine sera consacrée à l’artiste portugaise Joanna Vasconcelos. Par ailleurs, nous réfléchissons à développer les projets lyriques en plein air.
Propos recueillis par Antoine Pecqueur

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