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"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -288-Festival baroque de Pontoise

La musique, un art du partage pour le Festival baroque de Pontoise

La musique, un art du partage pour le Festival baroque de Pontoise - Critique sortie  Pontoise
Pascal Bertin © Ferrante_Ferranti / CNSMDP

ENTRETIEN
Pascal Bertin

Publié le 25 octobre 2020 - N° 288

Directeur artistique du Festival baroque de Pontoise depuis deux ans, Pascal Bertin défend une programmation ouverte sur son territoire, qui met en résonance la musique baroque et le monde d’aujourd’hui.

En vous intéressant particulièrement aux compositeurs italiens qui, à l’âge baroque, ont fait vivre la vie musicale européenne, le festival prend cette année pour thème les migrations. Est-ce une façon de faire écho à la société actuelle ?

Pascal Bertin : Comme l’an dernier en abordant le sujet des femmes dans la musique, nous avons souhaité explorer une thématique à la fois sociétale et musicale. Pour un festival, dont le but est d’ouvrir au plus grand nombre notre pratique, notre passion de la musique, c’est une nécessité : une programmation qui suivrait un axe exclusivement musicologique ne s’adresserait qu’à un public déjà acquis. En partant de la célébration de compositeurs du passé (cette année le 350e anniversaire d’Antonio Caldara et Giovanni Bononcini, par exemple), nous voulons montrer en quoi ces répertoires nous parlent, comment ils peuvent aider à interroger le monde contemporain. Le festival a vocation à dépasser les frontières de la seule histoire de la musique, même si cette année le contexte sanitaire nous empêche d’aller aussi loin que nous l’envisagions.

« Nous voulons montrer en quoi ces répertoires nous parlent. »

La thématique permet aussi d’unifier une programmation qui désormais s’étend sur toute une saison, d’octobre à juin.

P.B. : Oui, et cela prolonge la même idée. Sur un mois, vous pouvez faire un festival identifié pour un public connaisseur, mais sans avoir vraiment le temps de créer un lien avec le territoire. Pour construire quelque chose avec les écoles par exemple, il est important de pouvoir travailler sur le temps long et d’associer les artistes, les enseignants et nos bénévoles.

Le festival fait appel à de très nombreux ensembles. Comment les choisissez-vous ?

P.B. : Ma double casquette de chanteur et de responsable de la musique ancienne au CNSM de Paris fait que j’ai un lien direct avec de nombreux ensembles bien établis mais aussi avec de jeunes formations issues des rangs du conservatoire. J’en ai certaines en tête lorsque j’élabore la programmation et d’autres que je ne connais pas nécessairement, surtout à l’international, et dont les propositions me séduisent. En fonction du budget,  se créent une alchimie, un équilibre entre musiciens confirmés et émergents, effectifs nombreux et musique de chambre… tout en faisant attention à la parité. Soit, au final, un panorama assez complet.

La dimension pluridisciplinaire, à laquelle le festival est attaché, est-elle une envie partagée par les ensembles ?

P.B. : Depuis un certain nombre d’années, les ensembles ont conscience des efforts à faire sur l’implication dans la médiation culturelle et dans le mélange des genres artistiques. Néanmoins, cela ne peut pas être systématisé, il s’agit en effet de conserver un équilibre entre des propositions plutôt spectaculaires, comme le Stabat Mater de Pergolèse que nous avons donné en octobre dans une mise en scène de David Bobée, et d’autres projets plus directement liés à la recherche musicologique.

 

Propos recueillis par Jean-Guillaume Lebrun

A propos de l'événement

Festival baroque de Pontoise
du Vendredi 20 novembre 2020 au Lundi 21 juin 2021

2 rue des Pâtis, 95300 Pontoise

Tél. : 01 34 35 18 71


https://www.festivalbaroque-pontoise.fr/


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