La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -188-thionville

Jean-Marie Piemme

Jean-Marie Piemme - Critique sortie Théâtre

Publié le 10 mai 2011

La constante noire du genre humain

S’inspirant de Shakespeare et de Plutarque, Jean-Marie Piemme signe, avec Le Sang des amis, une fresque théâtrale et sonore sur le thème de la guerre civile.

«Le Sang des amis s’adosse à Shakespeare et à Plutarque pour revisiter les guerres civiles romaines. Mais il ne s’agit pas d’une pièce historique. Nous sommes au théâtre, pas dans un cours d’histoire, un regard d’aujourd’hui est jeté sur des événements d’hier. Ce texte joue donc d’anachronismes, d’échos d’actualité, de télescopages avec le monde présent. L’aveuglement des hommes politiques, le désir d’absolu qui habite le terrorisme, la contradiction de l’amour et de la guerre, l’ambition de bâtir un empire : tout cela ne résonne-t-il pas aujourd’hui ? La guerre civile est un spectre qui nous hante, elle nous guette sans relâche, elle est la constante noire du genre humain. Plus exactement, nous sommes humains au moment où nous parvenons à l’éviter ou, au moins, à la retarder. Mais la guerre civile renaît constamment de ses cendres.

La recherche de densification de nos vies
 
Être humain n’est pas une donnée naturelle de l’homme. Celui-ci doit sans cesse conquérir la possibilité de devenir humain. La trilogie à laquelle appartient Le Sang des amis repose sur de mêmes questionnements : que signifie être humain, quand l’est-on, et à quel prix ? Mes textes travaillent beaucoup sur l’impermanence des choses, sur les mouvements qui nous retournent, nous déplacent et font que notre identité est toujours incertaine, infixée, mouvante. J’interroge ce que nous sommes dans un monde où beaucoup de ce qui nous a constitué disparaît. Et dans ce mouvement de disparition, nous cherchons notre existence contre vents et marées, comme si nous avions l’éternité devant nous. Cette tension entre ce qui fuit (le temps, la vie, la centralité occidentale) et cette recherche de densification de nos vies me fascine. Plus nous disparaissons et plus le désir de vivre est puissant. »
Propos recueillis par Manuel Piolat Soleymat

A propos de l'événement


x

Suivez-nous pour ne rien manquer sur le Théâtre

Inscrivez-vous à la newsletter

x
La newsletter de la  Terrasse

Abonnez-vous à la newsletter

Recevez notre sélection d'articles sur le Théâtre