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Florencia Demestri et Samuel Lefeuvre créent « Holobiontes », qui rend visibles l’interdépendance et la perméabilité des espèces

Florencia Demestri et Samuel Lefeuvre créent « Holobiontes », qui rend visibles l’interdépendance et la perméabilité des espèces - Critique sortie  Paris Théâtre de l’Aquarium
Crédit : Michiel Devijver Florencia Demestri et Samuel Lefeuvre,

Théâtre de l’Aquarium
Chorégraphie Florencia Demestri et Samuel Lefeuvre

Entretien Florencia Demestri et Samuel Lefeuvre

Publié le 29 avril 2026 - N° 343

Florencia Demestri et Samuel Lefeuvre célèbrent l’interdépendance dans une pièce profondément vivante.

En quoi cette pièce est-elle liée à la microbiologie ?

Florencia Demestri et Samuel Lefeuvre : Pour nos précédentes créations, nous étions concentrés sur la notion de corps-paysage et sur les relations inter-espèces. Mais nous n’avions que des récits de ces relations, comme si nous étions en position d’observateurs. C’est alors que nous avons découvert le concept d’holobionte : toute vie, l’existence de chaque entité multicellulaire, n’est possible que grâce aux relations que cette entité entretient avec d’autres espèces, souvent plus petites, qu’elle héberge. Il y a en nous au moins autant de cellules d’espèces extérieures que de cellules portant notre propre ADN. Cela déplaçait vraiment notre conception des choses – quand on dit je suis, on désigne un nous. Nous avons pu avoir des discussions avec des microbiologistes et des spécialistes de la biologie de l’évolution. Ce qui nous intéressait, c’était de les entendre sur ce que change, pour eux, une connaissance approfondie de ces concepts – pas seulement les faits scientifiques, mais comment cela les transforme. Certains sentaient que ça les emmenait très loin, dans des remises en question profondes de la manière dont on perçoit le vivant, la mort même.

« Il y a au cours de la pièce quelque chose d’une célébration de l’interconnexion. »

Comment cette recherche s’applique-t-elle au corps, et comment cela se formalise-t-il au plateau ?

F.D. et S.L. : En studio, nous avions deux axes. D’un côté, des matières communes et de groupe : beaucoup de pratiques collectives pour créer ensemble de nouveaux organismes. De l’autre, une expérience d’épaississement de nos relations avec une entité non humaine – une plante, une bactérie, un animal. Chacun engageait un travail entièrement libre d’interprétation pour approfondir cette relation, et voir ce que cela produit dans nos corps. Au plateau, nous avons créé un espace où le point de vue serait le plus large possible, en tout cas pluriel. À un moment, nous sommes huit interprètes à grouiller ensemble. Il y a quelque chose qui se transforme continuellement au cours de la pièce, dans l’espace, dans nos corps, quelque chose d’une célébration de l’interconnexion. Biologiquement, les frontières et les séparations n’existent pas. Nous sommes perméables, qu’on le veuille ou non. C’est en prenant soin les uns des autres, en prenant soin de la différence, en sachant vivre dans les frictions, que des formes de vie peuvent être florissantes.

 

Entretien réalisé par Nathalie Yokel

A propos de l'événement

Holobiontes
du mardi 2 juin 2026 au mardi 2 juin 2026
Théâtre de l’Aquarium


à 19h30.

 

Atelier de Paris / CDCN - Cartoucherie,

Route du Champ de manœuvre, 75012 Paris

JUNE EVENTS

du 26 mai au 13 juin 2026.

Tél. : 01 417 417 07.

www.atelierdeparis.org

 

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