La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -215-Théâtre de la Ville

Entretien Jean-Claude Gallotta

Entretien Jean-Claude Gallotta - Critique sortie Théâtre Paris Théâtre des Abbesses
© Guy Delahaye

Théâtre des Abbesses / chor. Jean-Claude Gallotta / A partir de 6 ans

Publié le 23 novembre 2013 - N° 215

L’Enfance de Mammame

Jean-Claude Gallotta re-crée L’Enfance de Mammame : la pièce phare d’un chorégraphe emblématique de la danse contemporaine, en version jeune public. 

« La pièce avait déjà de l’enfance en elle. Il n’y avait qu’à l’accrocher à une histoire. »

Vous avez créé Mammame en 1985. Que représente cette pièce dans votre parcours ?

Jean-Claude Gallotta : Mammame, comme Ulysse ou Les Aventures d’Ivan Vaffan, est une pièce fondatrice, qui marque l’époque où s’est créé ce que certains ont appelé la « tribu Gallotta ». Des jeunes, des vieux, des gros, des minces, qui mettaient en scène des gestes quotidiens, mais aussi des emprunts, détournés, au classique, au jazz : un pot-pourri de tout ce qu’on pouvait vivre, voir dans la danse à l’époque. Nos pièces duraient facilement une heure trente, comme un film ; des sortes de sagas, avec des séquences plus chorégraphiques, d’autres plus théâtrales, et la musique qui endiablait tout cela… La spécificité de Mammame, c’était son côté ludique. Je disais aux danseurs : « Nous sommes comme des enfants de la guerre, qu’on aurait mis sur une île pour les protéger, mais qui sur leur île recréent des conflits et des jeux humains. Des jeunes échappés du monde, restés enfants, hors culture. » Il m’a donc semblé naturel d’adapter Mammame pour le jeune public : la pièce avait déjà de l’enfance en elle. Il n’y avait qu’à l’accrocher à une histoire.

La narration est-elle une condition pour s’adresser aux enfants ?

J.-C. G. : C’est la façon dont je crée un fil susceptible, je l’espère, de captiver les enfants, tout en préservant les danses sans aucune édulcoration : le récit permet l’insertion de danses abstraites. C’est l’histoire des Mammames, qui vivent au théâtre et se chauffent à un soleil-projecteur. Mais un jour, le projecteur s’éteint… Les Mammames cherchent alors la danse qui le fera réapparaître.

Vous-même êtes sur scène : comment définir votre rôle ?

J.-C. G. : J’ai toujours été un peu tout : comédien, chanteur, danseur… Mais de façon « pas terminée », bricolée ! Dans L’Enfance de Mammame, je peux m’en donner à cœur joie : écrire, raconter une histoire, chanter, faire des bruits, une bande-son en direct… J’ai également transmis cette partie à Stéphane Vitrano, avec lequel je joue en alternance : il avait très envie de reprendre ce rôle qui révèle un talent caché d’acteur, mais avec une présence de danseur. C’est un rôle jouissif, plein d’humour et d’improvisation, en interaction avec le public.

L’Enfance de Mammame apparaît comme un concentré de tout ce qui fonde votre esthétique…

J.-C. G. : C’est une sorte de creuset, où tout est possible : les enfants sont ouverts à tout, et ils nous donnent une grande liberté. Mais une liberté qui demande beaucoup d’exigence : les enfants remarquent la moindre petite incohérence dans l’histoire ! Ils ont en eux à la fois la folie et le réel ; deux mondes très forts. C’est ainsi que l’on peut aller loin dans le rêve…

Propos recueillis par Marie Chavanieux

A propos de l'événement

L’Enfance de Mammame
du mardi 17 décembre 2013 au lundi 23 décembre 2013
Théâtre des Abbesses
31 rue des Abbesses, 75018 Paris
Le 17 décembre à 15H15 et 19H30, les 18 et 19 décembre à 10H et 14H30, du 21 au 23 décembre à 15H et 18H. Théâtre de la Ville, 2 Place du Châtelet, 75004 Paris. Tél : 01 42 74 22 77
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