Focus -223-Théâtre d’Ivry

Entretien / Christophe Adriani

Légende : Christophe Adriani, directeur du Théâtre d’Ivry Crédit : David Merle

Accompagnement et créativité

Après une première année à la direction du Théâtre d’Ivry, Christophe Adriani marche dans les pas de ses prédécesseurs, avec la volonté d’accompagner l’artiste au plus près de la logique de création.

Comment voyez-vous votre arrivée à la direction de cette maison ?

Christophe Adriani : Les théâtres sont un service public, pas nos propriétés. Je suis au service d’un théâtre, d’une ville, d’un territoire, de gens. J’arrive auprès de collègues qui ont fait un gros travail. Ivry a une riche histoire culturelle et un nombre impressionnant d’équipements. Antoine Vitez a fondé ce théâtre. Et bien entendu il y a la marque de Leila Cukierman, qui a dirigé le lieu pendant 20 ans. Elle y a notamment porté le projet chanson, dans la ville même de Jean Ferrat et Allain Leprest ! Le théâtre a vocation à rester ouvert au jeune public ; tous les enfants scolarisés à Ivry bénéficient d’un parcours culturel privilégié. Dans un tel cadre, il est plus intéressant de réfléchir à la notion d’héritage que d’imaginer arriver sur un lieu vierge de tout passé ! Cela force à une certaine maturité.

« La chanson en scène interroge l’intime au sein du collectif rassemblé. »

Allez-vous donc emprunter les voies déjà tracées ?

C.A. : Outre les résidences de création, nous développons l’accompagnement : faire que la culture qui s’expérimente rencontre l’enjeu social et un territoire. Chaque art a sa temporalité propre en matière de processus créatif et de production : on n’accompagne pas de la même manière un projet de jonglage ou de chanson. Nous collaborons avec d’autres structures d’Ivry : le Festi’Val de Marne, la JIMI, Sons d’Hiver, mais aussi la Briqueterie et la Biennale de danse, le Hangar… L’idée n’est pas seulement de partager nos plateaux en bon voisinage, mais aussi de faire se rencontrer nos publics, d’inscrire ces collaborations dans un projet commun. Et nous travaillons toujours en plein air, dans les quartiers, hors les murs…

La programmation chanson reste centrale…

C.A. : Nous sommes un lieu conventionné chanson : l’identité du lieu, c’est la chanson ! Elle représente globalement la moitié de la programmation et de l’effort du théâtre. Face aux difficultés économiques de la production musicale, nous avons cette responsabilité de trouver des voies nouvelles, de comprendre l’évolution du public sans se laisser entraîner par le consumérisme. La rencontre avec la chanson est toujours une expérience très personnelle liée à nos émotions et notre subjectivité. C’est par le disque que j’ai au départ rencontré la chanson, Ferrat, Ferré, Brassens, Bruant… La chanson en scène interroge l’intime au sein du collectif rassemblé.

La chanson vous touche-t-elle différemment des autres arts ?

C.A. J’ai un rapport intime à la chanson, mais pas exclusif : primordiale dans ma vie personnelle, elle n’est qu’un pan de ma vie professionnelle. Dans cette saison, il y aura aussi des jongleurs, de la danse, des histoires à raconter, des correspondances entre les arts. Chaque art a son intérêt, qu’il soit réaliste, abstrait, métaphorique. Mon travail, c’est celui de médiateur entre l’art et les populations.

Propos recueillis par V. Fara et J-L. Caradec

 

Théâtre d’Ivry Antoine Vitez, 1 rue Simon Dereure, 94200 Ivry sur Seine. Tél. 01 46 70 21 55. www.theatredivryantoinevitez.ivry94.fr

A propos de l'événement

Théâtre d'Ivry Antoine Vitez
1 Rue Simon Dereure, 94200 Ivry-sur-Seine, France
Mots-clefs :

A lire aussi sur La Terrasse

Recevez le meilleur
du spectacle vivant

Abonnez-vous gratuitement à notre newsletter pour recevoir chaque semaine dans votre boîte email le meilleur du spectacle vivant : critique, agenda, dossier, entretien, Théâtre, Danse, Musiques... séléctionné par la rédaction