La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -285-Le Carreau du Temple

Accorder la nature à la culture, rencontre avec Sandrina Martins

Accorder la nature à la culture, rencontre avec Sandrina Martins - Critique sortie Danse  Le Carreau du Temple
Credit : NC QJ agence Coolhuntparis Sandrina Martins, directrice générale du Carreau du Temple.

Entretien / Sandrina Martins

Publié le 22 février 2020 - N° 285

Sandrina Martins, directrice générale du Carreau du Temple, relie dans un même espace, les problématiques liées au corps, au genre et à l’environnement pour en extraire une programmation singulière.

Quelle est la place du Carreau aujourd’hui ?

Sandrina Martins : Je crois qu’il est désormais clair pour tout le monde que le Carreau du Temple interroge le corps dans ses représentations et ses pratiques, que ce soit par la danse contemporaine, ou à travers les problématiques de genre ou d’environnement, en rapport étroit avec la nature. Car le corps est aussi social et politique. Il englobe les questions de l’alimentation, du bien-être, du genre, des représentations identitaires, et même de la mode. Toutes ces questions qui imprègnent notre société d’aujourd’hui. Avec le mouvement #me too par exemple, nous vivons à l’égard des relations entre les sexes un moment historique. Ce sont toutes ces problématiques qui sont au cœur du projet du Carreau et qui le seront plus encore l’année prochaine. Elles constitueront le sujet d’un nouveau festival en 2021, comme une synthèse.

« Le Carreau du Temple interroge le corps dans ses représentations et ses pratiques. »

Comment trouve-t-on des chorégraphes qui correspondent à ces problématiques ?

S.M. : Je souhaite que le Carreau reste un lieu grand public. Je puise  beaucoup dans la littérature, dans les nouvelles formes de médias, comme les podcasts, qui sont une mine d’informations qui m’inspirent, par exemple Victoire Tuaillon sur Binge Audio, ou Lauren Bastide sur La Poudre, qui avait toute la saison dernière tenu le cycle de rencontres sur  la place des femmes dans l’espace public. Cette année j’ai accueilli le célèbre climatologue Jean Jouzel. Je vais voir beaucoup de créations, d’expositions. Et depuis toujours je sors des réseaux habituels, c’est là que l’on peut trouver une autre forme de culture extrêmement contemporaine et vivante, et que je peux repérer ces artistes et ces nouvelles formes de pensée.

Pouvez-vous nous parler de votre programmation ?

S.M. : Sylvain Riéjou, avec son corps très particulier et son humour, interroge la question de la nudité. Julia Perazzini est une artiste très singulière, qui puise dans son corps une matière d’étrangeté qui brouille les genres. Elle est transformiste, ventriloque, danseuse. Nous proposons aussi une création iconoclaste de Thibaud Croisy, et une pièce remarquable de La Ribot et Mathilde Monnier, car cette dernière quittait le CN D et je souhaitais présenter une chorégraphe qui a marqué l’histoire de la danse. Leur duo dans Gustavia est parfait. Enfin, Léo Lerus, avec Entropie, s’intéresse à sa culture caribéenne, à l’esclavage. C’est un spectacle jumelé avec June Events.

La danse sort aussi de la salle de spectacle…

S.M. : Nous avons une halle magnifique, donc j’ai voulu y proposer également de la danse, à travers des formes participatives ou des événements particuliers. Nous allons donc accueillir dans Second Square, notre festival transdisciplinaire, Valeria Guggia, et Christophe Haleb pour les JO Mania, une nouvelle manifestation au croisement de l’art et du sport programmée en juillet pour se préparer aux Jeux Olympiques de 2024.

Propos recueillis par Agnès Izrine

A propos de l'événement

Accorder la nature à la culture, rencontre avec Sandrina Martins
Le Carreau du Temple
2, rue Perrée, 75003 Paris.

Tél. : 01 83 81 93 30.


www.carreaudutemple.eu


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