Océan présente « L’Infiltré », spectacle en solo qui questionne toutes les normes hégémoniques
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Diptyque nourri de la tradition littéraire polonaise, la nouvelle création d’Elizabeth Czerczuk réunit une vingtaine d’artistes pour dire la démesure de l’amour, son élan et son intemporalité.
Dans quelle mesure ce spectacle continue-t-il votre recherche théâtrale ?
Elizabeth Czerczuk : Les thèmes métaphysiques, qui transcendent les conventions théâtrales réalistes, m’ont toujours fascinée. À mon sens, le théâtre est un phare dont la lueur nous permet de voir plus clair dans l’obscurité qui nous entoure. Il m’importe de faire le pari d’une célébration partagée, dans le monde factice et fuyant qui est le nôtre. C’est jeter un pavé dans la mare des platitudes dont nous sommes abreuvés, c’est s’affranchir de la trivialité, c’est crever l’écran, les écrans qui nous séparent du monde ou nous font croire qu’ils sont le monde. Pour rendre cette idée plus convaincante, dès la première création, Requiem pour les artistes, jusqu’à Eros-Hypnos, en passant par Matka et Amok, mon théâtre puise dans l’énergie du mouvement et s’exprime par la dramaturgie du corps. Car le langage corporel parle plus fort que les mots, parfois sourds aux émotions, et rend mieux les états liminaux, présents aussi dans ce diptyque, ma nouvelle création.
« Le langage corporel parle plus fort que les mots, parfois sourds aux émotions. »
Comment les deux parties du diptyque entrent-elles en résonance ?
E.C. : Les deux parties du diptyque : Eros et Hypnos forment un tout qui se déroule à la frontière entre la vie et la mort. Nous y ouvrons une porte sur des régions insoupçonnées où la mort n’a pas le dernier mot, sans pour autant être niée, et où la vie n’est pas une négation de la mort mais un espace de négociation et d’apaisement. Dans la partie Eros, conçue autour du mariage d’une paysanne et d’un poète, le guide est l’Eros platonicien, associé à la figure symbolique de l’Homme de paille, personnage du drame de Wyspiański. Dans la deuxième partie, Hypnos, librement inspirée du drame de Mickiewicz, ce guide est le chaman lituanien Guślarz. Il invite au festin des morts les âmes désireuses de raconter leurs histoires personnelles aux participants du rituel. Ainsi, le spectateur commence par la fête de mariage, pour être ensuite invité au festin des esprits dans la seconde partie. Tel est le cycle de la vie dans son éternel retour.
Propos recueillis par Catherine Robert
Les 14 et 19 mars 2026, les 11 et 16 avril, les 7 et 16 mai et les 11 et 18 juin à 20h. Tél. : 01 84 83 08 80 / 06 12 16 48 39.
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Jean-Louis Martinelli et Mounir Margoum [...]