La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Jazz / Musiques - Entretien

Entretien Laurent Cugny
La Tectonique des nuages, opéra-jazz fantastique

<p>Entretien Laurent Cugny <br>
La Tectonique des nuages, opéra-jazz fantastique </p> - Critique sortie Jazz / Musiques
Luciano Berio est à l’honneur à l’Auditorium du Louvre, à l’occasion d’un concert des solistes de l’ Atelier lyrique de l’Opéra de Paris. Photo : UE ARCHIV – Eric Marinitsch

Publié le 10 avril 2007

Pianiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre – mais aussi historien
du jazz, enseignant et musicologue ! -, Laurent Cugny fut directeur musical de
l’Orchestre National de Jazz de 1994 à 1997. Il présente sur la scène du Théâtre
de la Ville, à la tête d’un orchestre de dix musiciens, un opéra-jazz dont il
signe la musique sur un livret de François Rancillac (d’après Cloud Tectonics
de José Rivera). Avec les voix soliste de David Linx, Laïka Fatien et Yann-Gaël
Poncet. Un événement.

Comment ce projet d’opéra s’inscrit-il dans votre parcours artistique?

Laurent Cugny : J’y ai pensé à partir de 1992, en apprenant qu’un
« Carmen Jazz » était monté à Vienne avec Dee Dee Bridgewater. Je me suis alors
dit que c’était une chose qu’il me passionnerait de réaliser. J’ai entre temps
dirigé l’Orchestre National de Jazz, et l’idée est ressortie en 1997 quand j’en
ai parlé à Jean-Paul Boutellier, le directeur du festival de Vienne, qui m’a
confié qu’il était intéressé par sa production. Et il a fallu encore neuf ans
pour qu’il voie le jour, en version concert, lors de l’édition 2006 de Jazz à
Vienne.

Quelle est l’atmosphère générale de l’oeuvre, l’univers dans lequel évoluent
l’action et la musique?

Laurent Cugny : C’est un univers fantastique. Un personnage improbable (Celestina
del Sol, interprété par Laïka Fatien), venu d’on ne sait où, vient faire voler
en éclats l’existence plutôt banale de deux frères, Anibal et Nelson de la Luna
(David Linx et Yann-Gaël Poncet). L’histoire se passe dans un Los Angeles en
proie au cataclysme du tremblement de terre longtemps redouté. Le contraste
s’établit entre un intérieur paisible où se joue l’intrigue et l’extérieur où
règne le chaos. Quant à la musique, j’ai bien sûr tenté de la faire entrer dans
la meilleure osmose possible avec le drame, tout en essayant de lui conserver
diversité et cohérence.

« Je me suis décidé à monter cet opéra le jour où j’ai parlé du projet à
David Linx et qu’il a immédiatement accepté. »

Comment avez-vous abordé la question du traitement des voix?

Laurent Cugny : Le traitement de la voix était au départ de l’intention.
Je me suis décidé à monter cet opéra le jour où j’ai parlé du projet à David
Linx et qu’il a immédiatement accepté. C’était pour moi le fondement. On a même
choisi l’histoire en fonction de cette voix. Nous sommes donc loin du modèle
classique de ce point de vue. La musique relève également, je crois, franchement
du jazz. Mais pour le reste, nous avons adhéré aux conventions du genre et
utilisé un grand nombre de ses ressources. Je ne pense pas que l’implication
théâtrale ait changé l’approche vocale des chanteurs, mais en revanche il leur a
fallu concilier les deux exigences et ce ne fut évidemment pas facile.

Etes-vous en train d’inventer une forme nouvelle avec cet « opéra-jazz » ?

Laurent Cugny : Je n’ai jamais eu une telle ambition. Qui peut l’avoir
d’ailleurs ? Il est vrai qu’il y a peu d’exemples d’opéra-jazz. Pour autant, si
l’on considère simplement que c’est un opéra, il est sans doute plutôt
conventionnel, ce qui ne me gêne pas du tout, au contraire. On ne peut pas
s’approprier les avantages d’un genre éprouvé et en refuser les règles. C’est en
tout cas ce que je pense. Quant aux références, j’ai pensé à Leonard Bernstein
pour "West Side Story" et à Carla Bley pour "Escalator over the Hill", mais
surtout pour la musique. Il ne s’agit tout de même pas d’une "première
expérience". Je n’ai d’autre ambition que de faire correctement ce que je mets
en oeuvre. C’est ensuite à la réception de décider ce qu’il en est en terme de
postérité. Ce qui est certain, c’est que j’y ai pris goût.

Propos recueillis par Jean-Luc Caradec

Les 13 et 14 avril à 20h30 au Théâtre de la Ville. Tél. 01 42 74 22 77.
Places : 16 et 23 ?.

A propos de l'événement



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