« La Guerre n’a pas un visage de femme », Julie Deliquet réunit dix magnifiques comédiennes pour une adaptation éblouissante du texte de Svetlana Alexievitch
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Denis Podalydès poursuit sa traversée du répertoire avec la troupe de la Comédie-Française. Après Cyrano, Lucrèce Borgia, Scapin, il s’attaque au personnage du Cid avec la tragi-comédie de Corneille.
Qu’est-ce qui vous a mené vers Le Cid ?
Denis Podalydès : C’est une commande de l’administrateur précédent, Eric Ruf. J’aime Corneille depuis toujours, son éclat, sa fantaisie, sa poésie, sa cruauté, ses ombres. J’ai accepté en pensant que la troupe permettait une merveilleuse distribution.
Vous dites que le fameux dilemme cornélien permet au personnage « d’accéder à une forme de conscience qui le fait se détacher du commun », qu’entendez-vous par là ?
D.P.: Le dilemme, c’est la situation qu’affrontent les héros et héroïnes dans la plupart des tragédies de Corneille: une situation contradictoire, sans solution heureuse, dans laquelle le personnage est piégé entre deux intérêts vitaux et inconciliables, où son honneur l’oblige autant envers l’un qu’envers l’autre. Pour Rodrigue, l’amour de Chimène et la nécessité de venger son père, humilié par le père de Chimène qu’il doit tuer. Pour Chimène, le devoir de venger son père et l’amour pour Rodrigue. Pour l’infante, l’amour pour Rodrigue et sa qualité de princesse qui lui interdit cet amour. Le conflit intérieur qui en résulte isole le personnage de la communauté et suscite une conscience individuelle divisée, dont Corneille fait spectacle de la déchirure.
Quelles directions prendra votre mise en scène ?
D.P.: La mise en scène consiste pour moi à tendre les contradictions jusqu’au point de rupture, à ressaisir l’extraordinaire vitalité de la pièce, qu’elle passe au travers des interprètes et qu’ils la communiquent à la salle. J’aimerais, pour le dire avec les mots de Corneille se souvenant trente ans plus tard des premières représentations du Cid – mais c’est beaucoup trop espérer sans doute – « qu’il s’élève un certain frémissement dans l’assemblée, qui marque une curiosité merveilleuse et un redoublement d’attention pour ce que les amants ont à se dire dans un état si pitoyable. » J’aimerais restituer le cheminement presque chaotique de ce scénario qui n’a rien du parcours lisse qu’on suppose généralement à une tragédie classique. Ce n’est pas une tragédie classique, c’est une tragi-comédie baroque, puisque nous prenons la version de 1637, celle de la création.
Eric Ruf s’occupera une nouvelle fois de votre scénographie. A quoi peut-on s’attendre ?
D.P.: Nous verrons, sur le grand théâtre, un petit théâtre primitif, plateau de bois et cloisons mobiles, châssis ouvragés et toiles peintes, pour figurer les différents lieux successifs de l’action. Les costumes de Christian Lacroix donneront couleur et silhouette à la part légendaire de l’histoire.
Propos recueillis par Eric Demey
du mercredi au samedi et le mardi 28 avril à 20h30, le dimanche à 15h. Tel : 01 44 58 15 15
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