La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Entretien

Catherine et Christian (fin de partie)

Catherine et Christian (fin de partie) - Critique sortie Théâtre saint denis Théâtre Gérard-Philipe
La metteure en scène Julie Deliquet. Crédit : B. Cruveiller

Entretien / Julie Deliquet

Publié le 28 août 2015 - N° 235

Après Des années 70 à nos jours, triptyque présenté en 2014 au Théâtre des Abbesses et au Théâtre Gérard-Philipe, le Collectif In Vitro signe l’épilogue de ce cycle de créations. Empruntant à la mythologie et à la psychanalyse, Catherine et Christian (fin de partie) s’ouvre à nous comme « une nuit ensemble où tout semble possible ».

Pouvez-vous revenir sur le projet qui est à l’origine de cette suite de spectacles ?

Julie Deliquet : Nous avons voulu créer une saga autour de l’héritage des années 1970 en mettant en scène trois décennies (les années 1970, 1980 et 1990) à travers trois écritures : une adaptation de La Noce de Brecht, Derniers remords avant l’oubli de Lagarce et Nous sommes seuls maintenant, une écriture collective d’In Vitro. Lors de ces trois volets, nous incarnions la génération dite « de 1968 », en partant de ses 20 ans pour arriver jusqu’aux 20 ans de la génération suivante.

Quelles relations narrative, dramaturgique, théâtrale… associent cette nouvelle création à ce triptyque ?

J. D. : Catherine et Christian (fin de partie) est l’épilogue : nous enterrerons les héros du triptyque pour ouvrir un nouveau cycle. Notre récit se passe un jour de deuil, dans un restaurant de province. Plusieurs fratries vont tour à tour se réunir autour de la mort de Catherine, puis autour de celle de Christian. Pour ce projet, nous avons travaillé avec deux acteurs de la génération précédente à la nôtre, Catherine Eckerlé et Christian Drillaud, qui ont interprété nos parents pendant la moitié des répétitions avant de nous laisser, puisqu’ils sont morts dans notre spectacle. Se confronter à eux après le triptyque, c’était sortir du fantasme et de la projection pour écrire à partir de leur réalité.

« Ce projet met le focus sur notre génération en l’ancrant dans la vie. »

Il est de nouveau question, dans cet épilogue, de la famille, de l’éducation, de la tradition, de la transmission… Que souhaitez-vous ici dire de plus sur le présent et le passé, la vie et la mort ?

J. D. : Il est assez peu question du passé dans ce spectacle. Nous l’inscrivons dans un temps suspendu, entre la vie et la mort, une nuit ensemble où tout semble possible. Nous parlons de mythologie et de psychanalyse. Ce projet met le focus sur notre génération en l’ancrant dans la vie. Nous, les survivants de Catherine et Christian, écrivons aussi bien sur notre parentalité actuelle que sur notre adolescence, ainsi que sur la notion d’orphelin.

De quelle façon réinterrogez-vous les principes de création du collectif In Vitro à travers ce nouveau spectacle ?

J. D. : Avant, je demandais aux acteurs d’In Vitro d’improviser sur des temps très longs (6 à 7 heures), alors que pour cette création, je leur ai demandé de tourner des films de 10 minutes. L’écriture est devenue centrale dans notre processus. Elle a pris le pouvoir sur l’improvisation. Depuis 2009 (ndlr, année de création du Collectif In Vitro), nous nous mettons à table afin de retranscrire la vie en direct à travers de longs plans-séquences. Aujourd’hui nous avons introduit la notion de montage.

Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat

A propos de l'événement

Catherine et Christian (fin de partie)
du Jeudi 24 septembre 2015 au Vendredi 16 octobre 2015
Théâtre Gérard-Philipe
59 Boulevard Jules Guesde, 93200 Saint-Denis, France

Du lundi au samedi à 20 h30, le dimanche à 16h. Relâches les mardis. Le dimanche 4 octobre à 18h. Durée de la représentation : 1h45. Dans le cadre du Festival d’Automne à Paris. Tél. : 01 48 13 70 00. www.theatregerardphilipe.com


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