« En thérapie », dans la mise en scène de Charles Templon, une émouvante plongée introspective
Pour la première fois, la série israélienne [...]
Au Théâtre de Marigny, le talentueux Olivier Solivérès revisite Amadeus de Peter Shaffer, pièce rendue célèbre par le film emblématique de Milos Forman. Décors mouvants, beaux costumes, musiciens et chœurs d’opéra, cette tragédie réjouissante expose sans filtre la jalousie humaine face au génie.
Le spectacle commence en foulant le sol du Théâtre, une brèche temporelle s’ouvre : claveciniste et violoniste se baladent dans les couloirs en costumes et perruques d’époque, dans la salle éclairée à la (fausse) bougie, des murmures se font entendre, comme des fantômes du passé venus à notre rencontre. Amadeus, ce nom signifiant « aimé de Dieu » (employé seulement après la mort de Mozart), constitue le nœud du conflit romancé opposant Mozart et le compositeur de l’empereur, fervent serviteur de Dieu, Salieri. Le texte aux belles tournures, à la croisée de plusieurs langues (français, italien et allemand), ancre la pièce dans une société bourgeoise où modernité et tradition s’affrontent avec humour. Mozart incarne les aspirations nouvelles du monde de la musique qui sont ralenties par l’attachement aux codes habituels, dans la veine des compositions de Salieri. Au milieu des deux hommes, la figure de Dieu s’insère. Devant le talent écrasant de l’un, l’autre se retourne contre son Dieu. Aveuglé par la jalousie, rien ne le satisfait plus qu’imaginer la fin de celui que Dieu a préféré. Amadeus dépeint les ravages de la jalousie, de l’insatisfaction humaine dans une tonalité raillante.
Musique divine et jalousie mortifère
Antonio Salieri (Jérôme Kircher) apparaît seul sur scène. Le vieil homme invoque le public pour une sombre confession nocturne. Il déclare avoir empoisonné Mozart il y a 32 ans. À partir de là, le temps se tord et défile devant nos yeux leur histoire commune. Grâce à des mécanismes ingénieux dont un plateau tournant, la scène s’anime. S’ensuivent différents tableaux introduisant les 14 acteurs de cette histoire déjantée dans des décors riches en tissus et textures. Le très joli travail réalisé pour les costumes et le maquillage (David Belugou et Nathalie Tissier) appuie ce dépaysement immédiat. Le monde de Salieri bascule lorsque Mozart arrive à Vienne : prodige exaspérant, turbulent, enfant vulgaire, à la langue bien pendue et l’oreille absolue. Son talent est incontestable, tout comme celui qui l’incarne, Thomas Solivérès. Considérée comme trop animée, avec « trop de notes », ses partitions virtuoses ne rencontrent cependant pas le succès souhaité. Le seul frappé par son talent est Salieri. Dans une tirade puissante, il accuse son Dieu d’avoir donné à Mozart une musique trop pure, trop divine. Le perfide va tout faire pour assurer la chute de l’aimé de Dieu. Accompagnée par des musiciens et un magnifique chœur d’opéra, la pièce parcourt les plus grands chefs-d’œuvre de Mozart : Don Giovanni, Concerto pour clarinette, La Flûte enchantée, Les Noces de Figaro… Jusqu’à la scène poignante de sa mort où, tourmenté, il livre son sublime Requiem au côté de Salieri. Dans un dernier monologue habité, le « Saint des médiocres » confesse son péché, Mozart est mort mais, il le sait, lui ne sera pas oublié…
Isaure Do Nascimento
Du mardi au jeudi à 20h. Les vendredis et samedis à 21h. Le dimanche à 15h. Tel. : 01 86 47 72 77. Durée : 2h05. www.theatremarigny.fr/evenement/amadeus/
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