La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Critique

Les Jumeaux vénitiens

Les Jumeaux vénitiens - Critique sortie Théâtre Paris Théâtre Hébertot
Amours et quiproquos dans Les Jumeaux vénitiens. Crédit : Bernard Richebé

Théâtre Hébertot / texte Carlo Goldoni / mes Jean-Louis Benoit

Jean-Louis Benoit revisite Goldoni avec une virevoltante énergie, dirigeant, dans une mise en scène intelligente et rythmée, des comédiens aux magnifiques talents conjugués. Un spectacle remarquable !

Tonino et Zanetto, jumeaux séparés à la naissance et élevés, l’un dans la brillante Venise, l’autre dans la campagne de Bergame, se retrouvent par hasard à Vérone. Le jeune raffiné et le rustre idiot ne se connaissent pas mais se ressemblent tellement que quiproquos et embrouillaminis farfelus vont s’enchaîner, provoquant des rires en cascade, jusqu’à ce que la comédie du malentendu tourne au drame. Zanetto est aussi simplet, pleutre et frustre que Tonino est intelligent, courageux et délicat ; l’un déteste les manières et préfère les élans sincères, l’autre est un gentilhomme accompli, amateur du beau sexe et du bel esprit. Zanetto est promis à Rosaura par un père cupide, Tonino aime Béatrice qui le cherche à Vérone après qu’elle a fui Venise pour le retrouver. Mariage d’intérêt contre mariage d’amour : l’innocent a les mains pleines et le retors est riche en expédients ! Voilà où le bât blesse d’emblée et où perce le dindon sous la farce. Comme toujours les benêts, Zanetto est un peu trop naïf pour n’être pas victime de l’odieux tartuffe que campe avec une belle gravité Olivier Sitruk.

Une troupe brillante, brillamment dirigée

Maxime d’Aboville interprète le double rôle des jumeaux avec un talent éblouissant. Il passe avec une célérité sidérante du rôle du ballot à celui de son besson astucieux, saute et cabriole, abandonne un phrasé pour un autre avec aisance, élégance et justesse. S’il rend Tonino sympathique en interprétant avec maestria sa bravoure et son panache, il offre surtout à Zanetto une profondeur, une humanité, une gentillesse qui le fait véritable gentilhomme. Le rire qu’il fait naître avec ce rôle est mâtiné de tendresse : il parvient avec génie à rendre aimable le rustaud. Comme Rosaura, on se plaît à trouver bien des qualités à celui qui en manque pourtant singulièrement ! Autour de Maxime d’Aboville, brillantissime pivot de l’intrigue, les autres comédiens font preuve d’un abatage, d’un sens du rythme et de la comédie et d’un talent remarquables. La mise en scène de Jean-Louis Benoit est extrêmement fluide et le décor de Jean Hass sert à merveille les bondissements et gambades de tout ce petit monde en plein désarroi. La sympathie pointe en permanence sous le comique et l’ensemble compose un très beau spectacle, infiniment plaisant à savourer.

Catherine Robert

A propos de l'événement

Les Jumeaux vénitiens
du Jeudi 14 septembre 2017 au Dimanche 31 décembre 2017
Théâtre Hébertot
78 Boulevard des Batignolles, 75017 Paris, France

Du mardi au vendredi à 21h ; samedi à 16h30 et 21h ; dimanche à 16h. Tél. : 01 43 87 23 23. Durée : 2h.


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