La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Avignon - Entretien Rémi Prin

La poésie de Siméon pour réapprendre le dialogue

La poésie de Siméon pour réapprendre le dialogue - Critique sortie Avignon / 2011

Publié le 10 juillet 2011

La Compagnie des Chimères et des Hippogriffes présente deux spectacles en forme de diptyque urbain : les textes de Jean-Pierre Siméon sont choisis, agencés et mis en scène par Rémi Prin.

Comment vous est venue l’idée de composer votre matériau textuel à partir de l’œuvre de Siméon ?
Rémi Prin : Une amie m’a lu un jour un extrait de Stabat Mater Furiosa. Je suis tombé amoureux du style et de l’écriture de Jean-Pierre Siméon. J’ai commencé à lire d’autres textes de lui. En passant de la lecture de ses monologues à celle de D’entre les morts et La Lune des pauvres, m’est venue l’idée de faire un montage entre monologues et dialogues, en inventant un passé aux personnages des dialogues, comme si les monologues constituaient la préhistoire de l’histoire racontée dans les autres textes. J’ai passé un an à composer ce montage, que j’ai montré à Siméon, qui l’a validé. Avec les membres de la compagnie, nous avons ensuite commencé un travail de laboratoire, pour chercher comment dire cette parole si difficile à dire et comment jouer ces personnages qui communiquent des sentiments si difficiles à exprimer. Seize comédiens jouent ce spectacle que nous sommes plus de vingt à porter ensemble.
 
« Dire cette parole si difficile à dire. »
 
Comment le spectacle s’organise-t-il ?
R. P. : C’est un spectacle en deux parties. Les deux parties peuvent être vues de manière indépendante, et dans l’ordre qu’on veut. La première partie décrit une journée de la vie d’une ville : les personnages qui la composent ne parviennent pas à se parler entre eux et la frustration de leurs monologues provoque une guerre des nerfs qui bascule dans le fracas. Dans la deuxième partie, ces mêmes personnages réapprennent à dialoguer.
 
Quel espace avez-vous imaginé pour ces deux spectacles ?
R. P. : Nous avons évité le réalisme. On situe une ville sur scène mais le décor est minimal. Entre la première et la deuxième partie, on passe d’une ville tentaculaire à une ville détruite, et les trois gros volumes qui composent le décor le suggèrent par deux dispositions différentes. Tout se construit par la lumière qui dessine chaque espace de façon très contrastée. Il s’agit surtout d’évoquer l’univers mental des personnages. L’atmosphère sonore continue aide à faire sentir que tous ces personnages sont sur le fil du rasoir et dans une tension permanente.
 
Propos recueillis par Catherine Robert


Avignon Off. Des âmes sur le béton des villes, d’après les textes de Jean-Pierre Siméon, adaptation et mise en scène de Rémi Prin. Du 8 au 31 juillet 2011 à 14h10. Les jours pairs, La Mort dans la bouche (première partie) ; les jours impairs, La Guerre ne fait pas de bruit dans la rue (deuxième partie). Théâtre du Rempart, 56 rue du Rempart Saint-Lazare. Tél. : 09 81 00 37 48.

A propos de l'événement



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