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Mathilde Monnier présente en avant-première à Bonlieu Scène nationale d’Annecy Silence, une création avec la compositrice et musicienne Lucie Antunes, explorant de nouvelles façons d’être au monde. Elle nous en dévoile quelques traits.
Vous décrivez Silence comme un « concert chorégraphié ». Comment cette idée s’incarne‑t‑elle sur scène ?
Mathilde Monnier : La pièce repose sur une circulation constante entre danse et musique. Tout se joue dans un même espace, sans séparation entre interprètes et musiciens. Cette porosité est essentielle : la danse ne vient pas illustrer la musique, elle en fait partie intégrante.
Vous co‑signez le spectacle avec la compositrice Lucie Antunes. Comment cette collaboration s’est‑elle imposée ?
M.M. : Au départ, je lui avais simplement demandé d’écrire la musique. Puis, au fil de nos échanges, l’envie de co‑signer s’est imposée naturellement. Lucie est électro, percussionniste, et son univers m’a immédiatement stimulée. Elle sera sur scène avec trois musiciens, entourée de six danseurs qui chantent et jouent eux aussi. C’est un véritable ensemble.
Le titre Silence vient d’elle. Qu’a‑t‑il ouvert pour vous ?
M.M. : Ce mot a déclenché énormément de choses. Le silence crée cet écart nécessaire pour mieux regarder le monde et revenir au réel. Chorégraphiquement, cela a nourri des questions d’intensité, de tension, d’étirement du mouvement. Ce mot m’attendait depuis longtemps.
La musique a-t-elle donc été composée avant la danse ?
M.M. : Oui, Lucie a écrit toute la musique. J’ai suivi les enregistrements, les recherches, les essais, mais la composition est d’elle. Et la scène a continué de transformer la musique : les danseurs chantent, jouent, ajoutent des rythmes. Toutes les voix entendues pendant le spectacle seront celles du plateau. Lucie sortira également un disque en parallèle de la création — un album nourri de la même matière musicale, mais avec d’autres invités. Le disque qu’elle sortira sera donc différent. Silence est un spectacle très live, très mouvant.
Le silence et la musique ne partagent pas le même rapport au temps. Comment avez‑vous travaillé cette tension ?
M.M. : La musique de Lucie s’étire, se construit par longues vagues, presque en transe. Mais la musique n’existe pas sans silence : elle naît aussi de l’arrêt. Le titre est paradoxal, mais fécond. La pièce touche aussi aux états de conscience modifiés — dormir, rêver, s’absenter un instant. Ces moments nous permettent de revenir au réel, de l’affronter.
C’est votre deuxième expérience de « concert dansé ». Votre précédente collaboration avec Philippe Katerine a-t-elle influé sur votre désir de renouveler cette aventure ?
M.M. : Oui. Avec Philippe, c’était une rencontre magnifique. Avec Lucie, c’est un autre monde : une construction musicale presque orchestrale, une énergie très différente. On quitte la chanson pour entrer dans le concert. Et la présence des musiciens sur scène change tout : elle donne une force incroyable à l’ensemble.
Propos recueillis par Agnès Izrine
Le 23 avril à 19h, le 24 à 20h30. Tél. : 04 50 33 44 11. Durée : 1h20.
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