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La saison classique en France

La musique en prison

La musique en prison - Critique sortie
Photo : La prison de Clairvaux accueille régulièrement des musiciens classiques.

Publié le 2 octobre 2009

Le Festival « Ombres et Lumières » développe chaque année un projet avec les détenus de la Maison centrale de Clairvaux.

Les prisons françaises sont au cœur du débat politique. Surpopulation, suicides, difficultés de réinsertion… La situation se révèle particulièrement préoccupante. Certaines initiatives, portées le plus souvent par des associations, tentent cependant d’améliorer le quotidien des détenus. La musique en fait partie, comme l’atteste le remarquable travail mené par le Festival « Ombres et Lumières » de Clairvaux. Cette cité champenoise a pour particularité d’abriter une abbaye cistercienne dont une partie est occupée par une centrale pénitentiaire. Sous la direction artistique d’Anne-Marie Salé, la manifestation musicale a choisi de faire, depuis sa création il y a six ans, le lien entre les détenus et la musique. Lors des précédentes éditions du Festival, le pianiste François-René Duchâble ou le violoniste Régis Pasquier se sont ainsi rendus dans cette prison réservée aux détenus purgeant de longues peines. Depuis 2008 est mené un projet particulièrement ambitieux : le compositeur Thierry Machuel écrit une œuvre sur des textes rédigés à la fois par des détenus et des moines. Intitulé Nocturnes de Clairvaux, cette partition en plusieurs volets a été interprétée en septembre par le chœur Les Cris de Paris de Geoffroy Jourdain. « Toute personne soumise à une détention perd la réalité des faits sur l’extérieur, observe Gilbert Blanc, directeur de la prison de Clairvaux. A travers ce projet d’écriture d’un livret, les détenus ont montré qu’ils étaient capable de faire quelque chose même en étant incarcérés. Cela va dans le sens de la réinsertion. » Les textes des détenus se révèlent tous très touchants. Comme par exemple ce poème d’un certain Adrien : « Je veux oublier ces parfums enivrants. Le vent qui traverse les barreaux de ma cellule, pour me rappeler mes années de liberté. » Un film, Or, les murs de Julien Salé, a été réalisé sur ce processus compositionnel pour le moins atypique. Mais pour l’instant, aucune chaîne de télévision n’a choisi de le programmer, sans doute parce que l’équation musique et prison n’est pas synonyme d’audience…
 

Antoine Pecqueur

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