JUNE EVENTS 2026, entre petites et grandes formes, talents émergents et artistes confirmés
Riche de 25 propositions dont de nombreuses [...]
La 46e édition de Montpellier Danse esquisse un paysage où la danse devient un lieu de friction, de mémoire et de réinvention du commun. En voici quelques éléments en avant-première.
Porté par la nouvelle direction — Dominique Hervieu, Pierre Martinez, Hofesh Shechter et Jann Gallois —, le festival poursuit le compagnonnage avec des artistes révélés par Jean‑Paul Montanari, tout en élargissant l’horizon esthétique de la programmation. Avec Repertoire (Bazm), Armin Hokmi fabrique un répertoire fictif à partir de gestes marginalisés et déplace la notion d’héritage ; onze interprètes y composent un espace instable, affranchi des lectures ethnographiques. Cette attention aux cadres de perception traverse aussi Of the Heart, solo déjà présenté lors du dernier festival, où le chorégraphe explore le transfert émotionnel et les mémoires intimes. Dans cette même volonté d’ouvrir des zones sensibles, HOW ROMANTIC de Katerina Andreou, créé avec la compagnie norvégienne Carte Blanche, prend la forme d’une course d’endurance sans ligne d’arrivée. Quatorze danseurs s’y engagent et s’y épuisent, oscillant entre discipline et abandon, ordre et chaos. Écho aux Dance Marathons de la Grande Dépression, la pièce interroge la spectacularisation de l’effort, les rapports de pouvoir et l’illusion d’un accomplissement toujours repoussé.
Pluralité des langages
Avec BABEL – Torre Viva, David Coria convoque le mythe biblique pour en faire une allégorie brûlante du présent. Nourrie par l’énergie du flamenco et une physicalité rituelle, la pièce transforme la fragmentation des langues en matière chorégraphique que l’on pourra découvrir en prélude au festival à Sète. Le festival accueille également des œuvres où la mémoire devient moteur d’action. Dans Back to Kidal, Serge Aimé Coulibaly remonte le fleuve des origines de l’Afro-blues jusqu’au Sahel : la guitare de Vieux Farka Touré, les voix d’Odile Sankara et de Niaka Sacko, les mots de Koulsy Lamko tissent un territoire de résistance et de dignité où la danse se fait souffle commun et la musique une présence spirituelle, une mémoire sonore du continent africain. À l’autre extrémité du spectre, Ulysse Marion de Dimitri Chamblas réunit deux transfuges de l’Opéra de Paris, Marion Barbeau et Ulysse Zangs, dans une traversée dépouillée où le geste, débarrassé de tout apparat, révèle ce qui demeure : une langue intime façonnée par les absences, les apprentissages et les réminiscences. Nous savons déjà que le Ballet national de Marseille LA(H)ORDE, Emanuel Gat, et Zoé Lakhnati sont aussi conviés. À travers ces œuvres, Montpellier Danse affirme une programmation où la danse questionne, rassemble, et ouvre des espaces de pensée sensibles, là où le commun reste à réinventer.
Agnès Izrine
Prélude au Festival du 11 au 14 juin. Tél. : 04 67 60 83 60.
Riche de 25 propositions dont de nombreuses [...]