La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -258-Le Train Théâtre

Un lieu de décloisonnement

Un lieu de décloisonnement - Critique sortie Théâtre  Le Train Théâtre
Luc Sotiras, âme engagée du Train Théâtre depuis 13 ans. © Renaud Vezin

Entretien Luc Sotiras

Publié le 30 septembre 2017 - N° 258

Avec bienveillance et implication, le directeur du Train Théâtre a marqué la moitié de la vie du lieu. Défenseur de la relation et du sens, il questionne ses pratiques et propositions, évitant l’écueil de la culture prête à consommer. Avec pour méthode l’implication collective autour de projets communs.

A 25 ans, diriez-vous que le Train Théâtre devient vénérable ou qu’il est au plus bel âge de sa jeunesse ?

Luc Sotiras : Je nous souhaite de n’en être qu’au début, même si 25 ans est déjà une sacrée route. Mais cet anniversaire n’est qu’un symbole. Il n’était pas question pour moi de fêter ça en grande pompe, mais plutôt de marquer le coup par une belle programmation. Programmation dont je suis très heureux, même si elle s’avère bouillonnante, fatigante à mettre en place. Cette saison est celle de l’évolution, celle qui nous emmène vers d’autres chemins.

Lesquels ?

L. S. : Nous gardons l’empreinte chanson qui nous caractérise, tout en creusant toujours plus la pluridisciplinarité, la rencontre nécessaire entre les arts. Le Train Théâtre est un lieu de décloisonnement, qui abat les frontières entre catégories de spectacle, entre arts de scène, de piste et de rue, entre la France et l’ailleurs, entre dedans et dehors. Programmer dans un lieu, est-ce programmer entre quatre murs ou proposer des représentations au sein d’un territoire ? Nous ne sommes pas des gestionnaires immobiliers, le théâtre doit sortir, rencontrer, découvrir, pour mieux revenir et améliorer son camp de base.

« Le théâtre doit sortir, rencontrer, découvrir, pour mieux revenir et améliorer son camp de base. »

Que cherchez-vous, hors vos murs ?

L. S. : Au-delà de faire jouer des artistes dans des prisons, des hôpitaux ou des écoles, l’important est de se demander pourquoi on le fait, avec qui on souhaite le faire, pour travailler en coopération avec tous ceux qui font le maillage d’un espace démographique. Les structures privées ou publiques, les artistes, le personnel de nos lieux, les spectateurs, bien sûr, mais aussi les élus locaux. Là où la culture fait sens, c’est là où elle se crée, entre nous tous, pas uniquement des artistes vers un public.

Cette coopération culturelle est-elle un vœu pieux ou un possible ?

L. S. : Disons que c’est un travail. Lourd, intense, et salutaire pour l’avenir. Pour faire émerger, grandir et transmettre un lien culturel, il faut être tous au même endroit, sur la même ligne de départ. En équipe, en collaboration, bref, en intelligence.

A l’heure où de nombreuses structures culturelles dénoncent des coupes de subvention, des choix arbitraires des institutions, n’est-ce pas à contre-courant d’une tendance alarmiste ?

L. S. : Être dans la plainte n’est pas mon genre. Oui, il y a des contraintes dues aux baisses budgétaires, des questions liées à la gestion ou à des décisions politiques, mais tout compte fait n’est-ce pas à nous de faire comprendre nos projets, pas seulement au public, mais aussi aux décideurs ? A l’heure où la culture n’est plus un bastion intouchable mais un bien fragile, il faut du dialogue, des propositions. Pas seulement à des spectateurs ou des élus. Mais à des citoyens.

 

 

Propos recueillis par Vanessa Fara

A propos de l'événement

Le Train Théâtre
1 Rue Louis Aragon, 26800 Portes-lès-Valence, France

Tél. 04 75 57 14 55.


Site : www.train-theatre.fr


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