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"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -291-LE CENTQUATRE~PARIS

Presque deux saisons en une ! Entretien avec José Manuel Gonçalvès

Presque deux saisons en une ! Entretien avec José Manuel Gonçalvès - Critique sortie  Paris Le CENTQUATRE-PARIS
José Manuel Gonçalvès © Jean-François Spricigo

Publié le 17 août 2021 - N° 291

Plus volontaire que jamais suite à la crise sanitaire, José Manuel Gonçalvès propose une saison particulièrement dense, qui accorde une place considérable à la création et aux pratiques artistiques.

Après plus d’un an d’arrêt, comment construit-on une saison ?

José Manuel Gonçalvès : Suite à ce long moment de crise, nous proposons une nouvelle saison intense, avec 15 reports et pas moins de 36 créations. C’est 88 projets au total, presque deux saisons en une ! Cette période d’enfermement a donné du temps pour discuter avec les équipes artistiques, elle a fait clairement émerger leur désir de ne pas seulement répondre à des injonctions ou auto-injonctions de créer. Les projets ont besoin de temps pour mûrir. La crise a incité à redéfinir nos modes d’accompagnement, à envisager la relation avec le public de manière plus large, pas seulement autour du temps final de la représentation.

Les créations à venir vous paraissent-elles imprégnées de cette période particulière ?

J.-M.G. : Certainement. Par exemple, Angelin Preljocaj va créer Deleuze/Hendrix qui répond bien plus à un désir de créer une histoire qui lui tenait à cœur qu’à une attente intégrée, à un continuum de son travail antérieur. C’est une forme rapide, simple à monter, née d’une pulsion vitale. De plus, on sent chez tous les artistes un désir aigu d’être regardé et de rencontrer l’autre à nouveau. Le Lalalive de Camille en est totalement imprégné. Ou encore Lia Rodrigues qui crée un Encantandos né de sa solitude contrainte durement éprouvée pendant une année.

« On sent chez tous les artistes un désir aigu d’être regardés et de rencontrer l’autre à nouveau. »

Le CENTQUATRE poursuit-il ses compagnonnages ?

J.-M.G. : Bien sûr ! Vimala Pons et Tsirihaka Harrivel vont par exemple créer chacun un spectacle au CENTQUATRE. Et Leïla Ka, que l’on accompagne, va, à mon avis, constituer une découverte détonante. Nous nous définissons comme une plateforme collaborative, attentive au soutien à la création et à la diffusion des artistes. Nous voulons aussi contribuer à créer un répertoire contemporain du spectacle vivant, faire en sorte que continuent de vivre des œuvres qui forment aujourd’hui un répertoire. C’est le cas par exemple de Romances inciertos de François Chaignaud et Nino Laisné.

Le CENTQUATRE, lieu de rencontres par excellence, a-t-il commencé à revivre ?

J.-M.G. : Il ne s’est jamais arrêté de vivre ! Les artistes ont continué à venir travailler. Et depuis la réouverture, ça danse de partout ! Fidèle à notre volonté de laisser s’épanouir les pratiques artistiques amateurs et les activités liées à la petite enfance, nous avons le plaisir de voir la nef centrale s’animer à nouveau. Cette ouverture fait partie de l’identité du CENTQUATRE, plurielle et poreuse, sans frontières ni catégorisations. Nous avons aussi un centre de vaccination dans nos murs. Ce foisonnement hybride, inclusif et non exclusif, génère beaucoup d’énergie et de dynamisme. Le CENTQUATRE est un endroit qui s’enrichit de la diversité des imaginaires, où l’on vit et où l’on crée.

 

Propos recueillis par Eric Demey

A propos de l'événement

Le CENTQUATRE-PARIS
5 rue Curial, 75019 Paris.

Tél : 01 53 35 50 00.


www.104.fr


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