La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -347-En 2026/2027, La Criée poursuit sans faiblir sa mission de service public de la culture

L’endroit où l’on cherche, l’endroit où l’on crée…Rencontre avec Robin Renucci

L’endroit où l’on cherche, l’endroit où l’on crée…Rencontre avec Robin Renucci - Critique sortie  Marseille La Criée - Théâtre National de Marseille
© Clément Vial Robin Renucci, directeur de La Criée - Théâtre national de Marseille.

Entretien

Publié le 26 septembre 2026 - N° 347

À la tête de La Criée depuis 2022, le metteur en scène Robin Renucci présente une saison 2026/2027 ambitieuse, engagée, éclectique, à l’image d’une maison de création qui souhaite s’inscrire pleinement dans la vie des Marseillaises et des Marseillais.

Comment avez-vous vécu, en juillet dernier, l’annonce du gel –  qui a été finalement annulé –  d’une partie des subventions de l’État destinées à La Criée pour l’année 2026 ?

Robin Renucci : Avec beaucoup d’incompréhension et d’inquiétude. Il s’agissait d’une annonce extrêmement brutale, qui intervenait alors que la programmation de la saison 2026/2027 était déjà réalisée, les contrats déjà signés, les dépenses en partie déjà réalisées. Ce n’était pas simplement un arbitrage budgétaire, mais une remise en cause de la parole de l’État qui aurait pu aboutir à des périodes de chômage technique pour nos employés. Cela, alors même que La Criée va très bien, qu’elle est en pleine expansion. Notre nouvelle saison comporte 49 projets, 207 levers de rideaux, 131 dates de tournées…

 

Pourquoi avez-vous choisi d’intituler cette nouvelle saison De l’orée à l’onde ?

R.R. : Ce titre exprime l’idée que l’on peut passer de l’ombre à la lumière, du rivage à l’eau grâce aux valeurs de la transmission. La criée se trouve entre la terre et la mer. C’est l’endroit du limon, l’endroit où l’on cherche, l’endroit où l’on crée. En 2026/2027, nous allons continuer à réinventer du sens, malgré les tensions budgétaires que nous subissons. Nous allons continuer à ouvrir cette maison aux citoyennes et citoyens de notre ville. La Criée doit être le plus accessible et la plus populaire possible, avec une attention forte portée aux publics éloignés du théâtre.

« La parité n’est pas pour moi une option, mais une exigence fondamentale. »

Votre programmation accorde une place importante aux artistes femmes…

R.R. : Absolument. La parité n’est pas pour moi une option, mais une exigence fondamentale. Cette saison, nous présentons ainsi des spectacles d’Héloïse Desrivières, de Louise Vignaud, de Pauline Sales et de Kristina Chaumont (ndlr, artistes complices de La Criée) qui, à travers des écritures scéniques puissantes, interrogent notre monde avec beaucoup de sensibilité. Le jeune public est également au cœur de notre projet. Notre programmation donne une grande place à l’enfance et à l’adolescence, car nous considérons que l’art est un droit pour toutes et tous, dès le plus jeune âge. Cette mission fait partie de notre travail sur le « futur public », qui passe également par des projets participatifs, des propositions présentées dans l’espace public, des résidences d’artistes, par tout un panel d’actions autour du lien social, des relations avec les habitantes et les habitants de Marseille, dans toutes leurs diversités. Ces démarches de transformation sociale par l’art me paraissent essentielles.

Après La Leçon d’Eugène Ionesco la saison dernière, vous présentez en janvier prochain L’École des Femmes de Molière. Qu’est-ce qui vous a décidé à mettre en scène ce classique ?

R.R. : Comme La Leçon, L’École des femmes traite de l’émancipation féminine, du patriarcat qui tangue et peu à peu s’affaisse, s’écroule… Il me semble très important, aujourd’hui, dans la société dans laquelle nous vivons, de donner à entendre ces textes universels. L’École des femmes est un grand classique populaire qui nous permet de rire de la peur que les hommes ont de l’intelligence féminine. Juliette Cahon, qui est une actrice que j’aime beaucoup, interprète le rôle d’Agnès, tandis que François Morel donne vie à un Arnolphe à la fois extrêmement drôle et bouleversant de bêtise. La programmation de la Criée s’équilibre entre écritures classiques et écritures contemporaines. Les deux prochains textes que je vais mettre en scène, en 2027/2028 et 2028/2029, seront issus de commandes faites à une autrice et un auteur d’aujourd’hui : Delphine de Vigan et Guillaume Poix.

 

Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat

A propos de l'événement

L’École des Femmes
du mardi 5 janvier 2027 au dimanche 24 janvier 2027
La Criée - Théâtre National de Marseille
30 quai de Rive Neuve, 13007 Marseille

Tél. 04 91 54 70 54.

www.theatre-lacriee.com

x

Suivez-nous pour ne rien manquer sur le spectacle vivant

S'inscrire à la newsletter
x
La newsletter de la  Terrasse

Abonnez-vous à la newsletter

Recevez notre sélection d'articles sur le spectacle vivant

S'inscrire