« Bate Fado » : Jonas&Lander réinventent le fado dans un concert dansé.
Jonas&Lander réinventent le fado dans un [...]
En ce début de saison marqué par le redéploiement de la programmation de Points Communs au sein de ses trois salles, la directrice de la scène nationale réaffirme l’identité inclusive de ce lieu de spectacles qui porte haut le mélange des publics et l’excellence artistique.
Quelle est la nature des travaux qui ont été effectués, durant un an, au Théâtre des Louvrais ?
Fériel Bakouri : Le Théâtre des Louvrais a bénéficié d’une importante rénovation énergétique, qui a notamment permis de réaliser l’isolation thermique des toitures, des façades et des vitrages, d’installer des pompes à chaleur pour le traitement de l’air, de passer les éclairages en LED… Je tiens d’ailleurs à remercier nos partenaires publics qui se sont réunis pour financer le coût de ces travaux très ambitieux. Notre scène nationale est aujourd’hui moins polluante, plus écologique. Nous sommes très heureux de retrouver notre grande salle qui est un espace unique dans le département du Val d’Oise.
Que représente le Théâtre des Louvrais pour Points Communs ?
F.B. : Cette salle nous permet d’accueillir des grandes formes, des spectacles rassembleurs, souvent créés par les artistes importants du paysage contemporain. C’est au Théâtre des Louvrais, par exemple, que peuvent se produire Sharon Eyal, le Collectif XY, Mohamed El Khatib, Caroline Guiela Nguyen, Marion Siéfert, Jonas&Lander, Tiago Rodrigues… Les deux plateaux du Théâtre 95, eux, nous permettent de présenter des propositions jeunes publics, des créations d’artistes en résidence, des œuvres plus singulières comme celles programmées dans le cadre de notre Festival Arts et Humanités (ndlr, du 9 au 20 mars 2027)… Durant l’année de fermeture du Théâtre des Louvrais, nous nous sommes aperçus que nos publics étaient très attachés à cette salle. Car ils savent qu’ils vont y retrouver de grandes formes populaires, ainsi que des spectacles qui ont fait événement dans des institutions parisiennes, comme le Théâtre de l’Odéon ou le Théâtre de la Ville. À l’occasion de la réouverture du Théâtre des Louvrais, nous avons d’ailleurs constaté un bond dans les réservations, en grande partie grâce aux propositions de cette salle.
Comment expliquez-vous ce phénomène ?
F.B. : Je ne vois que l’appétit et la gourmandise de publics conquis de saison en saison, des spectatrices et spectateurs qui sont impatients de retrouver les artistes qu’ils aiment. Ce succès est le fruit d’un travail de longue haleine. Notre programmation est pensée pour nos territoires et ses habitants. D’ailleurs, c’est tout le paradoxe de ce que l’on vit en ce moment. Le secteur de la culture est un secteur attaqué, non un secteur en crise. Ce n’est pas du tout la même chose. Nos salles sont pleines. À Points Communs, nous avons la chance d’être soutenus par nos partenaires de la Ville, de la Communauté d’agglomération, du Département, de la Région… Ce n’est malheureusement pas le cas pour tous les lieux de culture en France.
Cette rentrée est également l’occasion, pour vous, de fêter les un an d’Ailleurs & Ici. Pouvez-vous revenir sur la mission de ce Pôle international de production et de diffusion (PIPD) ?
F.B. : Initié par Points Communs, Ailleurs & Ici réunit des partenaires français et européens en vue, et permet de favoriser le développement international d’artistes implantés dans notre pays, autant que d’accompagner des artistes internationaux dans leur diffusion en France. Chaque année, les équipes de Points Communs effectuent un travail de repérage pour identifier des talents français émergents qui pourraient aspirer à une carrière internationale. Pour la saison 2026/2027, le PIDP a choisi de soutenir Mackenzie Berguile et Stéphanie Kayal. Tous deux seront présents au Théâtre 95 lors de la 9ème édition du Festival Arts et Humanités. Un an après sa création, Ailleurs & Ici est en plein développement. Notre pôle étant dédié à ce que l’on appelle le Sud global, nous élargissons de plus en plus nos horizons pour aller voir ce qui se passe dans des zones du monde très éloignées de l’Europe, des zones dont nous ne connaissons quasiment aucun artiste. L’idée est vraiment de décentrer nos regards. Pour nous aider dans cette mission, nous avons pris contact avec des curateurs internationaux implantés dans ces pays que nous connaissons mal. Ces curateurs vont enrichir le PIPD de ressources et de points de vue qui nous manquaient jusque-là.
Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat
Théâtre 95, 1 place du Théâtre, 95000 Cergy.
Théâtre des Louvrais, place de la Paix, 95300 Pontoise.
Tél. : 01 34 20 14 14. points-communs.com
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