La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -139-Nanterre-Amandiers. Saison 2006-2007 L?empreinte théâtrale des passions

Entretien  Éric Vigner : l’empreinte des Carmes sur la scène d’Hiroshima

Entretien 
Éric Vigner : l’empreinte des Carmes sur la scène d’Hiroshima - Critique sortie Théâtre

Publié le 10 juin 2006 - N° 139

Éric Vigner revisite l’écriture de Marguerite Duras. Après la première
création en 1993 de La Pluie d’été dans un cinéma brestois désaffecté,
Duras accorde au jeune homme les droits du scénario de Hiroshima mon amour.
Du rêve à la réalité pour une aventure tant artistique que philosophique.


Quel espace scénique pour cette adaptation ?

Éric Vigner : C’est le Cloître des Carmes qui a généré l’espace dans
lequel sont installés les spectateurs et les acteurs. La scénographie place les
spectateurs à l’intérieur du corps du texte et dans le mouvement même de
l’écriture. Un geste littéraire qui croise en même temps l’art de la mise en
scène que je revendique, avec son vocabulaire et sa grammaire, et une troisième
écriture, celle des M/M, les graphistes avec lesquels je travaille depuis dix
ans.

Vous avez voyagé en Asie dont les cultures vous fascinent.

É. V. : J’ai pensé créer Hiroshima mon amour, une histoire d’amour
sur les ruines du monde, à Lorient, ville détruite à 90% lors de la Seconde
Guerre mondiale. Le nom de Lorient provient du commerce des épices de la célèbre
Compagnie des Indes, établi avec l’Orient. Je suis allé à Hiroshima et à Tokyo
où j’ai pu tisser des liens de travail. À Tokyo, j’ai présenté en 2004 une
performance, Hiroshima mon amour, au dernier étage de l’immeuble Louis
Vuitton. D’où l’idée de reprendre le spectacle.

« Il s’agit d’amour au sens large où la question de Dieu reste centrale. »

Avec le célèbre acteur japonais Atsuro Watabé et l’actrice d’origine
viennoise, Jutta Johanna Weiss.

É. V. : Atsuro Watabé a appris le texte phonétiquement : tout passe par
le son et le sentiment au-delà du sens, deux valeurs de l’écriture durassienne.
Jutta Johanna Weiss parle le français avec un léger accent. J’aime les acteurs
étrangers qui redonnent une langue entendue différemment. Quelle que soit
l’histoire, le voyage intérieur procède d’un même mouvement d’écriture. La
Pluie d’été
, écrite à la fin de la vie de l’auteur, entre en résonance avec
Hiroshima mon amour, écrit trente ans plus tôt. L’enfant, dans La
Pluie d’été
, quitte l’école car il croit en Dieu, et la femme française dans
Hiroshima n?a rien vu de la ville anéantie. Il s’agit d’amour au sens
large dans lequel la question de Dieu reste centrale…

Entretien réalisé par Véronique Hotte

La Pluie d’été à Hiroshima, d’après La Pluie d’été et Hiroshima
mon amour
de Marguerite Duras ; texte enregistré extrait de Hiroshima
de John Hersey ; adaptation et mise en scène d’Éric Vigner. Du 18 novembre au 22
décembre 2006.

A propos de l'événement



Infos pratiques en encadré


Théâtre Nanterre-Amandiers


7, avenue Pablo-Picasso


92022 Nanterre cedex


Réservations au 01 46 14 70 00



www.nanterre-amandiers.com

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