La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Entretien /Festival d'Avignon 2021

De toute façon, j’ai très peu de souvenirs d’Eric Louis

De toute façon, j’ai très peu de souvenirs d’Eric Louis - Critique sortie Théâtre Avignon Festival d’Avignon. Gymnase du lycée St-Joseph
De toute façon, j'ai très peu de souvenirs de Eric Louis

Gymnase du Lycée Saint-Joseph / Texte et mes Eric Louis

Publié le 5 mai 2021 - N° 290

A partir de témoignages d’anciens élèves d’Antoine Vitez à l’École de Chaillot (interprétés par des élèves comédiens de l’ERACM* et de l’ENSATT**), Eric Louis a écrit et mis en scène De toute façon, j’ai très peu de souvenirs. Un spectacle sur le théâtre et la transmission, sur l’héritage et la personnalité d’une des figures emblématiques du théâtre français du XXème siècle.

En quoi votre rencontre avec Antoine Vitez, à l’École de Chaillot à la fin des années 1980, a-t-elle changé votre vie ?

Eric Louis : Je crois que si je n’avais pas rencontré Antoine Vitez, je ne me serais pas intéressé de la même manière au théâtre. A travers son enseignement, j’ai pu faire résonner des choses que j’aimais sans peut-être même le savoir : le rapport au texte, à la langue, à l’écriture, à la lecture… On apprend bien sûr toujours de ce qu’on nous dit, mais aussi de ce que les gens sont. Antoine Vitez était quelqu’un qui prenait beaucoup de plaisir à nous regarder, qui s’amusait et, en même temps, était d’une immense exigence. Il nous amenait en permanence à déplacer notre regard, à regarder les choses autrement, nous offrait une très grande liberté tout en éveillant en nous une vision extrêmement ambitieuse de la scène.

« Antoine Vitez nous amenait en permanence à déplacer notre regard. »

Comment avez-vous élaboré le texte de ce spectacle ?

E.L. : A partir de témoignages d’anciens élèves de l’École de Chaillot, que j’ai interviewés. J’ai procédé à un montage de ces propos en les sélectionnant selon divers critères : l’importance et l’originalité de ce qui était dit de la pratique théâtrale d’Antoine Vitez, mais aussi l’intérêt de ce que pouvaient révéler ces paroles des personnes interrogées. Passer par le prisme de la sensibilité de chacun m’a permis de composer un portrait kaléidoscopique et plein d’humanité d’Antoine Vitez. Tout en soulignant l’impact qu’a eu sa manière d’enseigner sur le parcours et la relation au théâtre de ses anciens élèves.

Comment vos jeunes interprètes s’emparent-ils de ces propos ?

E.L. : Mon texte n’est pas construit comme une suite d’interviews, mais comme des fragments de témoignages qui forment un parcours choral au sein duquel des paroles se croisent. Je n’ai pas demandé aux élèves comédiens d’incarner des personnages. Les douze interprètes représentent des jeunes gens qui portent sur scène des propos qui ne sont pas les leurs. Mais comme on est au théâtre, ils s’amusent peu à peu à devenir celles et ceux dont ils font renaître les souvenirs.

Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat

* École régionale des acteurs de Cannes et Marseille.

** École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre.

A propos de l'événement

De toute façon, j’ai très peu de souvenirs de Eric Louis
du Jeudi 15 juillet 2021 au Dimanche 18 juillet 2021
Festival d’Avignon. Gymnase du lycée St-Joseph
62 Rue des Lices, 84000 Avignon

à 15h. Tél : 04 90 14 14 14. Durée : 1h45.


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