Jérémie Le Louët et les siens revisitent « Macbett » de Ionesco et célèbrent la force du théâtre avec maestria.
Artisans talentueux, Jérémie Le Louët et les [...]
Dominique Pinon et Bruno Putzulu, mis en scène par Béatrice Agenin, reprennent la pièce de Cyril Gely créée en 2011, autour de la rencontre qui a permis que Paris ne brûle pas. Nuit d’angoisse…
Cyril Gely imagine ce qui aurait pu se passer lors de la nuit du 24 au 25 août 1944, quand Raoul Nordling, consul général de Suède à Paris, s’introduisit à l’hôtel Meurice, quartier général du commandement militaire allemand de la garnison de Paris, pour tenter de convaincre le général Dietrich von Choltitz, gouverneur militaire du Gross Paris depuis le 7 août, de désobéir à Hitler avant l’aube et d’épargner la capitale. Les historiens considèrent aujourd’hui que Choltitz savait la guerre perdue, voulait ménager son avenir de prisonnier, et n’avait peut-être même pas les moyens de raser l’insolente Ville Lumière, mais le mythe de l’homme providentiel est aussi tenace que romanesque. Cyril Gely précise que ce tête-à-tête n’a vraisemblablement pas eu lieu mais y trouve le moyen d’offrir une situation dramatique idéale pour que se rencontrent deux grands comédiens endossant les costumes du bien et du mal.
Le renard et le lion
Après Niels Arestrup et André Dussollier dans la mise en scène de Stéphan Meldegg, dont Béatrice Agenin était alors conseillère artistique, celle-ci la reprend en confiant les rôles du militaire loyal et de l’humaniste courageux à Dominique Pinon et Bruno Putzulu, accompagnés par Amine Chaïb et Valentin Martinie dans la traversée de cette nuit orageuse. Si l’efficacité théâtrale s’accommode d’entorses historiques, reste que sans Raoul Nordling, des otages auraient été exécutés, des prisonniers politiques déportés, les trois gaullistes Parodi, Pré et Laffon n’auraient pas été libérés, et Paris aurait été plus détruit qu’il ne le fut. La rencontre entre ces deux personnages rappelle la machiavélienne maxime selon laquelle ni la figure du renard ni celle du lion ne peuvent suffire au prince pour régner. Il faut le dialogue entre la force et la ruse, ainsi que l’équilibre entre la diplomatie et la violence, pour que le mal ne l’emporte pas définitivement.
Catherine Robert
Du mercredi au samedi à 21h. Tél. : 01 43 87 23 23. Durée : 1h45.
Artisans talentueux, Jérémie Le Louët et les [...]
Gaëlle Axelbrun, Marie de Dinechin, Morgan·e [...]
Après Médée et Roméo et Juliette, Ben Duke [...]