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"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Classique / Opéra - Gros Plan

20e Grand Prix lycéen des compositeurs

20e Grand Prix lycéen des compositeurs - Critique sortie Classique / Opéra 75016 Paris Auditorium de la Maison de la Radio
le compositeur Jean-Baptiste Robin, Lauréat 2018 du Grand Prix lycéen des compositeurs © Didier Plowy / GPLC 2018

RADIO-FRANCE / JOURNEE SPECIALE

Publié le 21 mars 2019 - N° 274

Unique en son genre, le Grand Prix Lycéen des Compositeurs organisé par Musique Nouvelle en Liberté donne des visages à la création contemporaine. Un pari gagnant pour tous : un aiguillon de curiosité pour les élèves, une autre écoute pour les compositeurs, le plaisir de travailler sur une matière vive pour les enseignants. Leur travail exceptionnel depuis près de vingt ans est désormais pleinement soutenu par le ministère de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse, qui a rejoint MNL dans cette aventure.

Rencontre avec Estelle Lowry, déléguée générale de Musique Nouvelle en Liberté

Quelle place occupe le GPLC dans l’activité de Musique Nouvelle en Liberté ?

Estelle Lowry : Le GPLC, c’est 13 % du budget total de Musique Nouvelle en Liberté et environ 20% du travail de l’équipe permanente lui est consacré. C’est un travail de longue haleine, depuis la veille sur la production discographique jusqu’à l’organisation de la Journée nationale en passant par l’engagement des compositeurs et les échanges avec les enseignants et les établissements scolaires. Le GPLC est une importante vitrine de notre activité, un moment qui rend visible notre mission : faire connaître les compositeurs et la musique d’aujourd’hui, tant par les institutions que par le grand public.

« Un moment qui rend visible notre mission : faire connaître les compositeurs et la musique d’aujourd’hui. »

Comment le GPLC change-t-il le rapport des jeunes à la musique d’aujourd’hui ?

E. L.: Il est toujours délicat de savoir précisément l’impact que le GPLC a sur les élèves. Ce qui ressort, c’est que les rencontres avec les compositeurs peuvent être marquantes et que, pour beaucoup, la Journée nationale est l’occasion de découvrir l’orchestre symphonique. Nous avons commencé à ouvrir progressivement le GPLC à des élèves de filières différentes, qui ne préparent pas l’option musique. Cela nous confronte à une autre curiosité et doit nous amener à faire évoluer nos outils pédagogiques.

Comment, après vingt éditions, le GPLC peut-il se renouveler ?

E. L.: D’abord, nous devons continuer à développer notre présence à l’échelle de tout le territoire. Cette année, ce sont 98 lycées qui participent au GPLC et nous organisons 65 rencontres avec les compositeurs. La Journée nationale au cours de laquelle est dévoilé le lauréat reste un moment fort, le point final de toute une année de travail. Jusqu’à maintenant, les institutions culturelles parisiennes nous avaient toujours accueillis, mais dès l’an prochain l’événement sera décentralisé. Toujours en 2020, nous organiserons notre première Journée régionale de rencontres, à laquelle participeront les six compositeurs en lice et les lycées de la région Hauts-de-France, qui ont toujours été très présents dans l’histoire du GPLC.

Propos recueillis par Jean-Guillaume Lebrun


Six figures, six mondes offerts à la curiosité et au vote des lycéens.

À travers les six compositeurs en lice, c’est un panorama de la création contemporaine qui est offert à la curiosité et au vote des lycéens.

La musique n’est jamais une réponse uniforme au désir de création, les compositeurs ont toujours fait feu de tout bois – quitte à explorer quelque forêt lointaine – pour faire entendre leur propre musique. Diversité des formes, des formats, des rythmes, des couleurs : le compositeur se doit d’être libre et se défier des styles hégémoniques. Miroir de la création musicale, la sélection d’œuvres concourant pour le Grand Prix Lycéen des Compositeurs se déploie du solo au grand orchestre, de l’intime à l’exubérant. Jules Matton, le plus jeune des candidats (31 ans), assume regarder vers une forme ancienne (le trio) pour y déverser un lyrisme à mi-chemin du post-romantisme russe et du minimalisme états-unien. Gérard Pesson (né en 1958) est sans doute le plus chevronné des six ; déjà candidat par deux fois au GPLC (en 2003 et 2010), il a récemment reçu le Prix du Président de la République de l’Académie Charles Cros. Sa Carmagnole virtuose et inventive regarde aussi vers le passé, mais pour en capter tout l’esprit en un clin d’œil. Toujours au jeu du regard de biais, Kryštof Mařatka (né en 1972) convoque quant à lui des instruments traditionnels tchèques et moraves dans Báchorky.

Miroir de la création

Avec les cinq mouvements dramatiques pour grand orchestre de Introduction à Iðavöllr, David Hudry (né en 1972) se plonge dans les épopées nordiques, à la suite de Wagner ou Sibelius mais avec une écriture qui tient compte des recherches sonores du 20e siècle. Patrick Burgan (né en 1960) s’en tient au chœur a cappella pour mettre en musique, dans Les Spirituelles, onze femmes poètes de la Grèce ancienne à nos jours, servies par une écriture pleine d’émotion et de mystère. Et puisqu’il est question des femmes – et au moment où le Centre de documentation de la musique contemporaine et les éditions MF publient l’ouvrage collectif Compositrices, l’égalité en acte –, on soulignera la présence dans la sélection de la Suite pour violoncelle de Florentine Mulsant (née en 1962). À ce jour, cinq compositrices ont participé au GPLC (dont Florentine Mulsant en 2008) ; deux l’ont remporté : Sophie Lacaze en 2009 et Kaija Saariaho en 2013.

Jean-Guillaume Lebrun

La Journée nationale réunit les six compositeurs en lice, des lycéens, leurs professeurs, et l’Orchestre National de France.
Le jeudi 4 avril sera le jour où sera dévoilé le nom du lauréat. Un passage de témoin marqué aussi par la création pour orchestre de Jean-Baptiste Robin, récompensé l’an dernier. Après une matinée de débat, les lycéens auront la primeur de cette œuvre commandée par Musique Nouvelle en Liberté, qui sera redonnée le soir en ouverture d’un concert dirigé par l’excellente Marin Alsop, où figurent également le Concerto pour violon n°1 de Bruch (avec Kristof Barati) et la Symphonie « Léningrad » de Chostakovitch.

A propos de l'événement

20e Grand Prix lycéen des compositeurs
du Jeudi 4 avril 2019 au Jeudi 4 avril 2019
Auditorium de la Maison de la Radio
116, Avenue du Président Kennedy, 75016 Paris

Grand Prix lycéen des compositeurs, organisé par Musique nouvelle en liberté

https://www.gplc.musiquenouvelleenliberte.org/edition/2019/


Déroulé

9h : Accueil des lycéens

10h30 - 12h30 : Débat

12h30 : Proclamation et remise du GPLC 2019

13h : Déjeuner des lycéens, professeurs, partenaires et invités

14h30 : Création de l'œuvre commandée à Jean-Baptiste Robin, Lauréat 2018

19h - 19h30 : Accueil et remise des places de concert

20h : Concert public reprenant l'œuvre de Jean-Baptiste Robin


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