Danse - Gros Plan

Palais Garnier / Chor. Merce Cunningham / William Forsythe

Programme Cunningham Forsythe à l’Opéra de Paris

Publié le 24 mars 2017 - N° 253

Trois entrées au répertoire composent le programme de cette soirée exceptionnelle placée sous le signe de l’école américaine.

Crédit : Anne Ray / OnP
Légende : William Forsythe et Hugo Marchand en répétition.
Crédit : Anne Ray / OnP Légende : William Forsythe et Hugo Marchand en répétition.

Walkaround Time est créé en 1968. « Le titre vient de l’informatique, précise Merce Cunningham. Après avoir entré les données dans un ordinateur vous devez attendre qu’il les digère. On peut se demander si, à ce moment là, c’est l’ordinateur ou son utilisateur qui “tourne en rond“ ». Mais surtout, Walkaround Time est centré sur un hommage global à Marcel Duchamp, même si l’une de ses œuvres, Le Grand Verre, est reproduite par le plasticien Jasper Johns sur des structures gonflables. Nombre d’allusions à Duchamp y sont intégrées. Ainsi la première séquence est composée de mouvements empruntés à l’échauffement comme un « ready made » chorégraphique. Pendant « l’entracte », les danseurs flânent en peignoir et discutent… La musique de David Behrman est composée à partir de « sons trouvés ». C’est une des pièces majeures et des plus radicales de Merce Cunningham qui tire admirablement parti de la structure, de la transparence et du mécanisme secret du fameux Grand Verre de Marcel Duchamp.

L’extrémisme du mouvement pur

La soirée se poursuit avec deux ballets de William Forsythe, Trio créé en 1996 et Herman Schmerman (1992). Le premier s’affûte aux cordes du Quatuor N° 15 de Beethoven. Non sans rapport avec Cunningham, les figures en cercles et lignes font écho aux dessins d’ordinateurs projetés en vidéo. Basée sur les déséquilibres et les contrepoids que suscite la forme trio, la pièce s’amuse aussi des aspérités de la relation à trois. Tracé subtil et imprévisible des parcours, contrepoints, passages d’un thème chorégraphique d’un danseur à un autre, Herman Schmerman, sur la musique électronique de Thom Willems, est une pièce magistrale. Alternant démarrages fulgurants et étirements langoureux, Forsythe y semble pulvériser le temps ordinaire et faire passer la danse dans une nouvelle dimension pour laisser apparaître l’invisible de l’esprit humain. Un solo de Jérémie Bélingard sera ajouté aux cinq dernières représentations du 7 au 13 mai. Cette dernière soirée étant celle de ses adieux officiels.

 

Agnès Izrine

A propos de l’évènement
Programme Cunningham Forsythe à l’Opéra de Paris
du 15 avril 2017 au 13 mai 2017
Palais Garnier
8 Rue Scribe, 75009 Paris, France

Les 15, 18, 19, 20, 21 avril, 4, 5, 7, 9, 12 mai à 19h30, 22, 30 avril, 8 et 13 mai à 14h30, 26 avril à 20h30, 13 mai à 20h00. Tél. : 08 92 89 90 90. Durée 1h50 avec entracte.


Commentaires
0 commentaire(s)

Les commentaires sont fermés.

Laisser un commentaire


A ne pas manquer actuellement dans La Terrasse