La jeune fille, le diable et le moulin
Un conte de Grimm par Olivier Py.
La libération d’une adolescente du poids maternel est au cœur du propos de la nouvelle création de la Compagnie l’Echappée.
« Que la fête explose au grand jour : les masques grimacent déjà – c’est jour de drame, c’est jour de fête ». Cet extrait des propos tenus par l’Adolescente, héroïne de ce drame contemporain imaginé par Marianne Oestreicher-Jourdain, peut tenir lieu de métaphore de Tapage dans la prison d’une reine obscure. « Qui n’a eu à connaître, de près ou de loin, les remous, les dévastations d’une relation entre une mère et sa fille, entre une fille et sa mère ? » interroge Didier Perrier, le metteur en scène et directeur de la Compagnie l’Echappée à l’origine de la création de la pièce. Une scénographie architecturale, un décor au scalpel, une lumière sépulcrale faisant surgir les corps comme des ténèbres du non-dit, une bande son en forme de voyage dans le temps servent le propos dramatique qui, dans sa profondeur et sa puissance cathartique, puise aux sources de la tragédie antique. Et « si ‘tapage’ se rapprochait de ‘ravage’, rencontré sous la plume de Jacques Lacan pour qualifier le rapport d’une femme à sa mère ? » demande Didier Perrier.
Marie-Emmanuelle Galfré
Un conte de Grimm par Olivier Py.