« L’Arbre à sang » d’Angus Cerini, mise en scène Tommy Milliot, nous plonge dans l’univers d’une famille brisée par un quotidien de violences domestiques
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Étrange objet théâtral, original et flottant, L’obéissance est tellement douce conçu par le collectif Melodrame Production imagine, avec la toile de fond d’un monde qui s’effondre, un refuge tissé de bienveillance et de douceur où l’art tenterait d’inventer de nouvelles façons de vivre.
Ils disent s’inspirer de collectifs tels le Tg STAN, le Raoul Collectif ou L’absence du doute, mais à voir leur premier spectacle, on pense surtout au travail de Philippe Quesne. Jules Bisson, Lucie Epicureo, Martin Mesnier et Edouard Sulpice se sont rencontrés au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique d’où ils sont sortis en 2020. Les voilà réunis au sein de Mélodrame Production, concoctant un spectacle d’écriture collective travaillée au plateau. Comme souvent dans ce cas, leurs personnages portent leurs prénoms. Ils se sont rencontrés on ne sait pas bien comment, se trouvent on ne sait pas bien où, mais reçoivent, de cela on en est sûr, des convives, des spectateurs à qui ils montrent une immense toile figurant ce qu’ils appellent « un paysage perdu » : une prairie où chatoient quelques coquelicots et autres fleurs, adossée à de lointaines collines. Bienvenue dans la dystopie d’un monde d’où, on n’en est pas bien sûr non plus, auraient disparu arbres, herbes et animaux. Bienvenue surtout au milieu d’un étrange groupe de rêveurs qui tentent de construire une bulle enchantée, un refuge hors d’un univers voué à la performance et la destruction.
Vieilleries et ultra contemporanéité
Entre eux, ils interagissent avec une douceur continue. Ils sont intimidés devant le public, bienveillants, soigneux, sans conflits mais pas sans différends. Ils emploient de drôles de mots légèrement surannés, parlent de pétulance, écoutent du Massenet, passent dans une mini-chaîne des cassettes d’enregistrements de chants d’oiseaux, de cloches de troupeaux d’élevage, de bruits de la campagne que recouvrent petit à petit des rumeurs de tronçonneuses, de véhicules, d’explosions et de crépitements d’incendie. Chacune de leur prise de parole s’effectue avec retenue, leurs propositions ne sont que suggestions. Et cette grande toile, au centre de leur spectacle, devient subitement, une fois le spectacle fictif fini, le sujet de leurs discussions. Dans cet univers incertain, aux contours flous, les quatre questionnent la représentation. « Il n’y aura pas de vie possible tant qu’il n’y aura pas de nouveau mode de représentation de la vie » répète Lucie. On est un peu pris de court par l’ampleur du sujet et les scène visuelles – vol d’oiseau et toile qui vole – ne sont pas les plus réussies, mais par son atmosphère tissée de vieilleries et d’ultra contemporanéité, L’obéissance est tellement douce tient son pari de faire naître au plateau un univers singulier qui, forcément, ouvre pour le théâtre comme pour le réel dont il se fait l’image de nouveaux possibles.
Eric Demey
Lundi et mardi à 20h, jeudi et vendredi à 19h, samedi à 18h, relâche le mercredi et le dimanche. Tel : 01 85 53 53 85. Durée : 1h10. Spectacle vu au Studio-Théâtre de Vitry
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