La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Idées/Débats - Critique

Le roman ivre

Le roman ivre - Critique sortie Idées/Débats

PARUTION LIVRE

Publié le 27 mars 2018

Troisième ouvrage de notre talentueuse collègue Isabelle Stibbe, Le roman ivre célèbre merveilleusement le pouvoir de l’imagination et de l’écriture.

Qu’est-ce qui sépare une vie réelle d’une vie de roman ? Presque rien, un simple mur que l’on franchit rue Férou à Paris pour passer du XXIème au XVIIème siècle, celui de Louis XIII, Athos et d’Artagnan. « On », en l’occurrence, désigne la jeune Camille Delamain, 26 ans, juriste particulièrement douée, en lice pour le troisième tour du Concours de la Conférence du Barreau de Paris. L’autrice qui couche sur le papier cette incroyable histoire nous laisse entendre au fil de l’écriture les commentaires de sa fille. « Dis, maman, elle ne va pas mourir, Camille ? » Au début du roman, agressée par deux inconnus, Camille semble en effet sur le point de mourir, avant de se retrouver par le truchement de la magie des vers du Bateau ivre calligraphiés sur un mur aux côtés de… Athos, son héros préféré. Orchestrée avec un souci du détail digne de la rigueur d’une juriste et un réjouissant sens du rythme, l’intrigue se démultiplie et fait joyeusement éclater le carcan des frontières convenues entre réel et fiction, ainsi que les codes habituels de l’écriture, qui est en même temps finalité et processus.

Jubilation du jeu

Le vrai devient ce qu’on invente, et c’est bien sûr merveilleux. Lieu, identité, temporalité, amour même : tout se trouble dans une grande jubilation du jeu, ou du je qui se transforme par le pouvoir de l’imagination et de l’écriture. Lancé avec Camille dans une palpitante course contre la montre, le mousquetaire glorieux parvient à sauver le roi Louis XIII d’une mort certaine. Pastichant Dumas, l’intrigue aventureuse caracole jusqu’à un bal vénitien à haut risque. Le fiancé de la jeune femme, Vincent Agostini, professeur de lettres au lycée, ne peut que s’affadir considérablement face au légendaire Athos. L’enquête sur l’attaque de Camille comme la mission d’Athos révèlent d’ignobles traîtrises. Assurément, ce roman qui célèbre Alexandre Dumas et s’adonne à l’ivresse de l’imagination est à recommander. Notamment bien sûr aux professeurs de lettres et à leurs élèves !

Agnès Santi

A propos de l'événement

Le roman ivre


Les Passe-Murailles, Editions Robert Laffont


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