La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Entretien

Joël Pommerat

Joël Pommerat - Critique sortie Théâtre
© Elisabeth Carecchio

Publié le 10 décembre 2010

Comment représenter la réalité ?

Avec Ma chambre froide, sa prochaine création, l’auteur et metteur en scène Joël Pommerat continue d’explorer, au cœur de l’espace circulaire, les lisières du réel et de la fiction.

Comment s’amorce votre geste d’écriture ?
Joël Pommerat : Au commencement, il y a des images, des bribes de pensées, des sensations, un amas intime fait de réalité humaine, d’émotions, confus encore mais qui pourtant me guide. Ecrire est ma façon de réagir aux questions que je porte en moi, aux résolutions que je n’arrive pas à trouver. Je cherche comment représenter cette réalité, sans la copier ni la dénaturer, dans l’espace artificiel qu’est la scène.
 
« Mes pièces questionnent le monde comme représentation. »
 
La réalité est cependant toujours construite par le regard…
J. P. : Elle n’existe qu’en relation à nous-mêmes. On l’agit, on la façonne, on l’interprète, on la fabrique… Mes pièces questionnent justement le monde comme représentation. Ma chambre froide poursuit l’exploration de l’espace circulaire, amorcée l’an passéavec Cercles / Fictions, qui travaille autrement la construction du regard. Le rapport scénique frontal permet d’orienter la vision du spectateur, en maîtrisant ce qu’on montre et ce qu’on cache. Le sens naît de la tension entre les deux, qui ouvre un espace d’ambiguïté donc d’interprétation. Le cercle offre une autre façon de manier le visible et l’invisible, plus vertigineuse encore puisque le public cerne l’aire de jeu et que ce dispositif panoptique ne laisse pas de hors-champ. Recréer des espaces d’invisibilité trouble la perception du réel.
 
Pinocchio et Le Petit Chaperon rouge s’adressent au jeune public. Ecrivez-vous depuis ou vers l’enfance ?
J. P. : J’écris à partir des figures qui ont marqué mon enfance, en fouillant ma mémoire, mon imaginaire, pour desceller ce qui fait en moi racine d’humanité. Je cherche comment ces mythes résonnent, dans ce monde, mais aussi au-delà de l’ici et maintenant contingent.
 
Propos recueillis par Gwénola David


Pinocchio, d’après Carlo Collodi et Le Petit Chaperon rouge, d’après le conte populaire. Du 24 novembre au 26 décembre 2010. Ma chambre froide. Du 2 au 27 mars 2010. Textes et mises en scène de Joël Pommerat. Ateliers Berthier. Tél :  01 44 85 40 40. www.theatre-odeon.eu

A propos de l'événement



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